• Grand Prix UCC 2018: Loveless vainqueur

    Depuis plus de soixante ans, l'Union de la Critique de Cinéma (UCC) décerne son Grand Prix, consacrant le meilleur film de l'année précédente. Cinq films sont en lice et c'est à l'issue d'un dîner-débat, où les discussions sont toujours animées, que le vainqueur est désigné. Les finalistes de 2018 étaient "Loveless", "Una Mujer Fantastica", "Get Out", "Manchester by the Sea", "Lady MacBeth". Au bout de plus de trois heures de discussion, "Loveless" l'a emporté.

    Affiche Loveless

    Voilà ce que j'écrivais lors de la sortie du film en Belgique, le 27 septembre dernier. Avec "Faute d'amour",  Andrey Zvyagintsev a remporté le Prix du Jury au dernier Festival de Cannes. Ce n'est que mérité pour son cinquième long métrage, trois ans après l'excellent "Léviathan" , couronné également sur la Croisette par le Prix du scénario. 
    Le cinéaste russe opère une nouvelle fois, sous nos yeux, le corps plus qu'abîmé de la Russie contemporaine. Cela à vif. Objet de l'opération, cette fois : le couple, en fait deux individualistes et plus largement deux citoyens égocentriques au pays de Poutine. Constat glacé, glaçant que Zvyagintsev illustre en s'appuyant sur un fait divers: la disparition d'un enfant, élément dramatique lui permettant de tisser une histoire ne laissant aucune issue, ni à ses deux personnages ni au spectateur. On est littéralement happés pendant les 125 minutes du film et à la fin, on ne sort pas indemne. Avec comme constat: l'égoïsme fait des ravages aussi en Russie que l'on aurait pu croire épargnée. Puisque qu'il y à peine vingt-cinq ans, l'Union Soviétique existait encore et anesthésiait la moitié du continent européen. Mais non, la société de consommation, la mondialisation a rattrapé rapidement et pas de la plus belle des manières la société russe.
    Je voudrais aussi parler de la réalisation. A nouveau comme dans les autres films de Zvyagintsev, impeccable avec de longs plans permettant à la situation de se déployer. Et les acteurs de se mouvoir comme des poissons dans l'eau dans ce cadre, en interprétant leurs rôles de belle manière. Un vrai régal cinématographique !

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