• Gourmet et Bacri réunis

    Ils sont nombreux les films se tournant en Belgique mais à Jemappes, dans la province de Hainaut, c'est la première fois. Un endroit prospère jusque dans les années 80, moment de fermeture des laminoirs de Jemappes. Déjà, en 1961, les charbonnages avaient stoppé leurs activités. Depuis lors, c'est une longue descente aux enfers. C'est cet endroit qu'a choisi Gérard Pautonnier pour planter le décor de son premier long métrage: "Les Affaires reprennent". Dans les rôles principaux, Jean-Pierre Bacri, Olivier Gourmet avec notamment Arthur Dupont, Philippe Duquenne.

    Les pompes funèbres Zweck

    Que raconte le film ? Une petite ville perdue au milieu de nulle part où le commerce de pompes funèbres agonise lentement, au grand désespoir de son propriétaire, Edmond Zweck. L’entreprise ne compte plus que deux employés: Georges,  le bras droit de Zweck, et Eddy, un jeune homme serviable, mais encore novice dans le métier. Un beau matin, pourtant, un mort apparaît. Et l’espoir renaît. Eddy et Georges sont chargés de mener le défunt jusqu’à sa dernière demeure. Mais rien ne va se passer comme prévu. 

    Toujours présent !

    Olivier Gourmet est l'acteur belge le plus prolifique, une soixantaine de films en vingt-cinq ans. C'est donc avec tranquillité et assurance qu'il a répondu à mes questions. 
    Quel est votre rôle ? Edmond Zweck, gérant de pompes funèbres. Un personnage dépassé par les événements. Enfin un client et tout va tourner au cauchemar. Pourquoi avoir accepté ? Parce que c'est drôle. C'est vraiment très drôle, c'est grinçant, dur, violent dans le burlesque et la comédie. 
    Jean-Pierre Bacri, motus et bouche cousue avec la presse, est le partenaire d'Olivier Gourmet. Que pense-t-il de lui ? C'est quelqu'un que j'aime bien, jouer avec lui est un gage de qualité. Il choisit ses rôles. Il est aussi l'auteur et le réalisateur, avec Agnès Jaoui, de comédies comme je les aime. 
    Avez-vous déjà tourné dans la région ? Non. De toute façon, quel que soit l'endroit, je travaille de la même façon. Que ce soit en Belgique ou en France, si l'équipe est bonne, il n'y a pas de problème.  Ici, la plupart de l'équipe est belge même si le film est français.

    Olivier Gourmet sur le tournage

    Une rencontre avec un roman

    C'est lors d'une pause dans la longue journée de tournage que j'ai rencontré le réalisateur Gérard Pautonnier. L'enjeu pour lui est élevé, c'est son premier long métrage. Je lui ai demandé pourquoi il avait adapté le roman de Joël Egloff: "
    Edmond Ganglion & fils" C'est une rencontre avec un roman. Je l'ai lu, j'ai adoré et j'ai voulu rencontrer l'auteur. C'était il y a huit ans. Nous avons commencé à travailler sur le projet en 2009. Pas mal de versions du scénario ont été écrites: 22 ou 23. On a mis du temps à faire la version finale. Entretemps, on a remporté le Prix du Public au Festival Premiers Plans à Angers. 
    Le casting ? Pour un premier film, j'ai vraiment beaucoup de chance. Je tombe avec des gens très bons et très professionnels. En même temps, c'est un casting assez singulier, chaque personnage est important. Olivier Gourmet, c'est quasiment le premier choix. Et aussi je cherchais à réunir pour la première fois Gourmet et Bacri. C'est une belle rencontre pour eux comme pour moi. En fait, c'est un mélange de plein de films que j'aime: les frères Coen, Aki Kaurismaki, ...
    Pourquoi tourner à Jemappes ? On a cherché longtemps, on a fait plus de 3000 kilomètres en Wallonie. Et on a vraiment craqué sur cette rue, sur ce vis-à-vis, sur l'intemporalité du lieu. 

    Gérard Pautonnier

     

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