• FIFF 2017: een Vlaams in Namen

    Alfons Engelen est journaliste pour Filmmagie, un mensuel de cinéma flamand. Depuis pratiquement vingt ans, il vient au FIFF, il voit tous les films, avec sa crinière blanche et son foulard, il est reconnaissable entre mille, on ne peut qu’aller vers lui. C’est que j’ai fait il y a quelques années et nous avons eu des conversations plus qu’intéressantes. Cette année, je me suis dit que j’allais en parler dans 6néma. Donc, entre deux films, je lui ai posé quelques questions.

    Alfons Engelen (c) 6néma

    Comment et pourquoi êtes-vous venu au FIFF ?

    Tout simplement parce qu’une réalisatrice tunisienne, Kalthoum Bornaz, m’a écrit, en 1999, on écrivait encore des lettres. J’avais vu son film "Keswa, le fil perdu" au Festival de Mannheim en 1998. J’avais écrit un article dessus dans Film en Televisie, devenu par après Filmmagie où je suis toujours, je lui ai envoyé l’article traduit en anglais. Nous sommes restés en contact. En 1999, elle m'envoie une lettre, m'écrit que son film est sélectionné à Namur. Elle veut que je vienne avec elle parce qu'elle ne connaît personne. Je lui ai répondu que j’étais flamand et c’était l’époque où, en Belgique, José Happart jouait les trublions, j’étais méfiant parce que je pensais en moi-même: les Flamands ne doivent pas être très appréciés en Wallonie et je l'ai dit à Kalthoum. Réponse, on se protégera l’un l’autre, incroyable, une femme voulant défendre un homme. Donc je suis venu à Namur en ayant un peu peur que quelqu’un vienne me casser la figure parce que dès que je parle, on comprend immédiatement que je suis flamand. Rien ne s’est passé, j’ai été bien reçu partout.
    Un bel accueil !

    Vous venez chaque année ?

    Oui, sans discontinuer depuis presque vingt ans. Chaque année, je vois de bons films. Par exemple, le documentaire "L’école de Madame Lise", c’est une école où il y a une quinzaine de jeunes de toutes nationalités, ils ne parlent pas tous la même langue. Madame Lise sait comment éduquer, faire avec les jeunes. A la fin de l’année scolaire, tous les enfants sont unis. C’est un film que je n’ai jamais oublié, j’ai écrit un article dessus et je n’ai jamais réussi que ce film sorte en Flandre, cela m'a fait franchement de la peine. Un autre exemple, "La femme qui boit", parce que la lumière est magnifique et l’actrice joue tellement bien. Encore un autre film qui m’a marqué, "Elle s’appelle Sabine" de Sandrine Bonnaire, un des meilleurs films que j’ai vu dans ma vie. Il montre bien l’amour de Sandrine pour sa sœur, handicapée mentale.

    Faites-vous aussi des interviews ?

    De temps en temps. Quand le distributeur sait que leur film vient à Namur et comme j’y suis, il me propose l’interview. Mais ce n’est pas ce je fais le plus. Cette année, j'aurais bien voulu m'entretenir avec Khaouter Ben Hania, j'ai vu tous ses films, j'aime sa façon de faire, je pense que j'avais beaucoup de choses à lui dire mais mon rédacteur en chef a fait l'interview.

    Pour vous, y a-t-il une différence entre le cinéma belge francophone et le cinéma belge flamand ?

    A mon avis, il y a trois sortes de cinéma en Belgique. Le flamand jette un œil vers Hollywood, il gagne son argent grâce à la télé parce que les films peuvent y passer sans problème. Le bruxellois, c'est un cinéma plus expérimental, il veut choquer les spectateurs. Et en Wallonie, il y a le CLAP qui aide beaucoup, c'est du film social comme les frères Dardenne, avec un œil vers Paris. Dans un petit pays comme la Belgique, c’est pas mal. Quand on compare ça avec les Pays-Bas, là-bas, il y a des bons documentaires mais pour le reste… Le cinéma néerlandais a moins à offrir que le belge.

    Combien de films voyez-vous par an ?

    500 à 600. Pas mal en festivals comme Mannheim, Ostende, Rotterdam, … J’ajouterais que dans ces festivals, j’ai envie d’écrire sur seulement 10 % des films. A Namur, c’est 35 à 40 % donc c’est aussi pour ça que je reviens, la qualité de la sélection est toujours bonne.

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