• Entretien: Wim Willaert - Le Ciel Flamand

    Par Michel Decoux-Derycke - C'est la deuxième fois que Wim Willaert est dans un film de Peter Monsaert, il y joue Dirk, un chauffeur de bus très introverti, à l'opposé de ses rôles habituels. Comme le réalisateur et l'actrice principale du film "Le Ciel Flamand", c'est dans un hôtel bruxellois que je l'ai rencontré. 

    Comment vous êtes-vous retrouvé dans "Le Ciel Flamand" ?

    Avant l'écriture, Peter me disait : "je vais faire un nouveau long métrage, je vais chercher un rôle pour toi, complètement différent de "Offline"." J'étais d'accord et j'avais confiance en Peter. Et là, c'est arrivé comme il avait dit.

    Quand il vous a proposé ce rôle de chauffeur de bus, comment avez-vous réagi ?

    Très bien. J'ai eu des cours, j'étais avec les élèves qui voulaient devenir chauffeur de bus, c'était à Bruges.
    Tous les mecs qui étaient là, c'est leur futur boulot. Mais moi, j'étais cool. Je n'avais pas la pression, je n'étais pas nerveux. Je me suis bien amusé à faire ça.
    Pour le rôle, quand j'ai lu le scénario pour la première fois, je me suis rendu compte que mon personnage avait un masque.
    Est-ce qu'il a une barbe comme moi ? Des lunettes ? Mais non, c'est son propre visage, là, c'était dur car je bouge tout le temps. Oh, c'était difficile ! Je suis fier de tous mes rôles mais là, c'est complètement différent. Mon passe-temps préféré, c'est lire des scénarios et je sais où ça va, ici, ce n'était pas le cas. Je me demandais si c'était un drame social, non, c'est un thriller, non, un film d'horreur, non. Maintenant que le film est prêt parce que je ne veux jamais voir avant qu'il soit prêt, je regarde comme un petit enfant et du moment que je vois le film, que je ne me vois pas moi-même, c'est un bon film. J'ai remarqué que j'étais laid, je n'ai jamais été aussi laid dans un film. Je ne m'aime pas, brrr… Et je n'ai toujours pas de réponse à la question du genre de film.
    J'étais déjà fier de "Offline", avec "Le Ciel Flamand", Peter a franchi un pas. Je me demande ce que sera son prochain film.

    Est-ce que ce n'est pas un film typiquement belge ?

    Il y deux ou trois ans, je devais remettre un prix aux Magritte, le speech était préparé, je savais déjà que je n'allais pas dire ça, j'allais dire mes propres mots. Le soir, j'ai dit : "côté wallon, on a les Magritte, côté flamand, on a les Ensor, quand on voit les œuvres de ces deux artistes, c'est seulement les Belges qui font de l'art comme ça." En fait, on n'a pas de nationalité, c'est ça être belge. On n'aime pas l’État. On est des petits anarchistes.

    Comment cela s'est-il passé avec Esra Vandenbussche (Eline dans le film) ?

    Avec un enfant, mon boulot, c'est un jeu d'enfant. Mais les bases sont les mêmes. Je viens de jouer dans "Cargo" avec un enfant de neuf ans. Jouer avec un enfant quand il comprend que c'est un jeu, c'est simple. Ce sont des comédiens professionnels mieux que 95 % des comédiens.

    Wim Willaert avec Esra Vandenbussche

      Vos projets ?

    J'ai un projet avec un Polonais qui a cherché son argent en Europe et en Belgique via le tax shelter. C'est un film début moyen âge, en costumes. Je vais jouer un prêtre-chevalier. C'est politique, c'est quelque chose de spécial, j'ai très envie de le faire. Je vais passer trois mois en Pologne. Après, j'ai un long métrage français, aussi un deuxième rôle dans un film belge.

     
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