• Entretien: Thomas Blanchard - Préjudice

    Par Michel Decoux-Derycke - Thomas Blanchard est un acteur français. Il apparaît pour la première fois, en 1999, dans "La vie ne me fait pas peur" de Noémie Lvovsky. Suivront, entre autres, des rôles dans "Les Ames grises" d'Yves Angelo en 2005 et "Lulu femme nue" de Solveig Anspach en 2013.
    C'est à Namur, lors du FIFF, que je l'ai rencontré. Entretien avec un homme, à la fois, posé et passionné.

    Thomas Blanchard, qui êtes-vous ?

    J'ai fait le Conservatoire de Paris. J'ai même été à la Comédie française, j'ai démissionné très vite. J'ai un parcours plutôt classique au niveau du théâtre, avec des rencontres avec des metteurs en scène assez différentes. Par exemple, Jacques Lasalle, Jacques Weber, Muriel Mayette, ...
    Parallèllement, j'ai commencé à faire du cinéma. Le premier film que j'ai fait, c'est grâce à Noémie Lvovsky, elle m'avait vu au concours d'entrée du Conservatoire. J'étais pas du tout dans l'idée de faire du cinéma. Finalement, à force d'en faire un peu avec des gens comme Alain Guiraudie ou Bertrand Bonnello, ça donne envie de continuer. Et puis, être comédien au théâtre ou acteur au cinéma, c'est la même chose. Ce sont d'abord des rencontres.

    Thomas Blanchard

    Pourquoi avoir accepté le rôle de Cédric ?

    En fait, c'est la lecture du scénario. En le lisant, on voyait que le rôle était passionnant. C'est la première fois que je pouvais jouer ce genre de personnage au cinéma. Je travaille beaucoup au théâtre. Et là, il y a des sentiments, des choses extrêmes qui peuvent s'explorer. En tout cas, plus souvent. Le scénario de "Préjudice" allait me permettre d'explorer des choses assez incroyables.
    Et puis, c'est aussi la rencontre avec Antoine Cuypers, le réalisateur. Elle a été très convaincante. Surtout j'avais envie de travailler avec quelqu'un ayant un univers très différent du mien. C'était une excitation supplémentaire. Pas du tout dans un genre de cinéma «français».

    Le fait qu'il y ait notamment Nathalie Baye a-t-il emporté la décision ?

    C'est une grande chance. C'est carrément génial de pouvoir jouer avec elle. Toute l'équipe était assez incroyable. Je trouve que la famille castée est un peu étonnante sur le papier. En fait, il y a eu une rencontre très forte. Je pense que chacun a rêvé du même film, a eu la même exigence et a eu envie de raconter cette famille ensemble.

    Je suppose que l'ambiance sur le tournage a été bonne ?

    Oui, oui. Très concentrée, très précise. Je ne peux pas dire que c'était détendu parce que nous étions dans ce rapport de tension nécessaire. Qui était excitant pour nous. Mais en tout cas, il y avait beaucoup de bienveillance et de joie à travailler ensemble. Egalement avec l'équipe technique. Tout le monde est rentré dans cette maison et s'est imbibé de cette atmosphère-là.

    Thomas Blanchard © David Ameye

    Le personnage est-il schizophrène, bipolaire ou ... ?

    Je n'en sais rien. Je n'ai jamais voulu trop décider si il était malade déjà. A quel point il était malade et qu'est-ce que ça pouvait être cette maladie. Antoine et moi étions assez d'accord sur le fait de ne pas définir la maladie. De ne pas s'enfermer dans une définition ou de la nommer. Je ne suis pas rentré dans un travail genre Actor's Studio, je n'ai pas non plus fait des recherches sur la folie. Nous avons plutôt pensé à l'imaginaire du jeu. L'ambition était de raconter des choses enfouies qui peuvent apparaître comme ça.

    Quels sont vos projets ?

    Je vais bientôt réaliser un court métrage. Le tournage commence début décembre. Et puis je vais mettre en scène et jouer dans un projet au théâtre. Là, ce sera en janvier. J'ai aussi tourné dans un film de Sébastien Betbeder. Un film tourné au Groenland, qui s'appelle "Le voyage à Kullorsuaq". C'est un petit village, l'un des plus au nord du Groenland. On y est restés cinq semaines à -30°. Une expérience très forte et intéressante.

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