• Entretien: Thomas Blanchard - Drôle de père

    Par Michel Decoux-Derycke - Thomas Blanchard est acteur, il débute au cinéma dans "Bon plan" de Jérôme Lévy. Suivront quinze films dont "Cornouaille" de Anne Le Ny, "Lulu femme nue de Sólveig Anspach, "Préjudice" de Antoine Cuypers, "Le Voyage au Groenland" de Sébastien Betbeder. Il a aussi joué au théâtre, près d'une dizaine de pièces.
    Il était à Namur pour présenter "Drôle de père", c'est là que je l'ai rencontré.

    Comment vous êtes-vous retrouvé dans "Drôle de père" ?

    En fait, c’est ici à Namur que j’ai rencontré Amélie, elle avait vu "Préjudice" de Antoine Cuypers, c’était il y a deux ans. "Préjudice" et son futur film "Drôle de père" n’ont rien à voir ensemble mais elle a pensé à moi pour le rôle du père. Pour moi, c’était un challenge de jouer un père, aussi avec une enfant. De toute façon, ces questions m’intéressaient. Comme je n’avais pas d’expérience personnelle de père, cela excitait aussi Amélie.

     Thomas Blanchard (c) Boris Radermecker

    Le fait de jouer avec une enfant ?

    Amélie m’a dit tout de suite que cela pouvait être une rencontre qui se passe bien ou alors une rencontre qui ne se passe pas, du coup, cela aurait été un autre film. Je n’ai pas rencontré Lina avant le tournage. On a aussi joué dans la chronologie. La rencontre se fait pratiquement en direct et, en même temps, tout était très écrit. Mon travail d’acteur, c’était d’être libre, frais avec elle et également de remettre en place les enjeux de la situation. Lina est une forte personnalité, du coup, elle pouvait carrément partir dans d’autres trucs. De temps en temps, elle en avait marre de jouer telle situation donc il fallait presque en inventer une autre. Je me suis adapté beaucoup à elle, à son énergie.

    Vous dites que le tournage s’est déroulé chronologiquement.

    Oui, c’était un peu le luxe du film. Cela aurait été difficile autrement, pour la petite, cela aurait été trop dur. Elle avait cinq ans au moment du tournage. Elle a compris ce que c’était de jouer. Et aussi on était dans le plaisir de jouer au jour le jour, une situation en amenant une autre.

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    Préjudice" est un film sombre, "Drôle de père" est lumineux, c’est le grand écart ?

    C’est vrai. "Drôle de père" est vraiment un film positif. Un film qui a l’apparence d’un film très simple, très léger et qui, en même temps, traite de l’humain. Le personnage est traversé par des choses assez contradictoires,
    par des doutes, par de l’assurance sur certaines choses. Il y a des moments où il perd complètement pied. "Préjudice", c’était un rôle de composition, très écrit, ici, avec "Drôle de père", cela repose sur l’instant des situations.

    Vous êtes français et cela fait deux fois que vous jouez en Belgique ?

    Je le vis vraiment comme une chance. Antoine et Amélie sont des réalisateurs très différents. Chacun a une vraie vision du cinéma. C’est une chance de jouer ces rôles-là.


    Vos projets ?

    Je travaille beaucoup au théâtre. Il y a des films qui sont en train de se conclure et j’ai réalisé un court métrage. Du coup, j’ai cette idée de poursuivre dans la réalisation, de faire un long métrage.

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