• Entretien: Tahar Rahim - Le Secret de la chambre noire

    Par Michel Decoux-Derycke - "Le Secret de la chambre noire" est le dix-huitième film de Tahar Rahim. Il y joue le rôle de Jean, assistant-photographe, débarquant dans une grande maison où le propriétaire, veuf, photographie constamment sa fille avec un daguerréotype de grande taille. Il règne dans cette maison une atmosphère étrange.
    J'ai rencontré Tahar Rahim à Bruxelles. Entretien placé sous le signe de la convivialité.

    Comment vous êtes-vous retrouvé dans "Le Secret de la chambre noire" ?

    Rien de plus classique. Un coup de fil, une proposition, j'ai rencontré Kiyoshi Kurosawa. Il m'a donné son script que j'ai lu et je me suis engagé. Evidemment, j'étais très heureux de parler avec Kurosawa. Au début, je me suis dit que j'allais tourner au Japon, j'étais comme un fou. Finalement, on l'a tourné en France. Mais je n'ai pas boudé mon plaisir, j'étais très heureux. On ne refuse pas de tourner avec Kurosawa. 

    Tahar Rahim

    Avec vos partenaires, Olivier Gourmet et Constance Rousseau, comment cela s'est-il passé ?

    Très bien. Olivier, nous avions déjà tourné ensemble, je l'adore et je l'admire comme acteur. Constance, c'était super, je trouve qu'elle est très bien dans le film, elle est adorable cette fille et elle correspond vraiment au rôle qu'elle joue.

    Le fait de tourner avec un Japonais n'a-t-il pas été un peu compliqué ?

    En fait, c'est la réflexion autour du personnage qui était un peu compliquée. La traduction avait été faite d'une manière un peu trop littérale. Il n'y a pas grand chose qui appartienne à la société française et à la société japonaise dans le film. Il y a bien sûr la culture de l'invisible japonais. Par contre, il y a une chose que je ne comprenais pas, la culture de soumission au personnage d'Olivier Gourmet. Là-bas, il y a un héros qui est très soumis, c'est dans les codes même de la bande dessinée au Japon, dans certains films japonais. Et ça, ce n'est pas le bon rapport de hiérarchie en France, entre le patron et son employé. Il fallait le bouger et là, il y a un truc qui s'est déplié.

    Comment est Kiyoshi Kurosawa ?

    Il ne parle pas beaucoup, il ne se dévoile pas. Il y avait évidemment la barrière de la langue ce qui n'aide pas, passer par un traducteur, une traductrice en l'occurrence qui a fait un excellent travail, ce n'est pas simple.
    On peut voir, à travers ses films, qu'il est vachement dans son un
    ivers.

    Vous changez à nouveau de genre, après le drame, la comédie, c'est le fantastique.

    J'aime bien me promener dans des univers différents. Parce que d'abord, ça me permet de ne jamais m'ennuyer, d'essayer de découvrir de nouvelles façons de travailler. De prendre de nouveaux risques. Quand on sait qu'on peut se planter, ça motive.

    Parlons un peu du précédent film "Réparer les vivants".

    Il est vraiment bien. Katell Quillévéré dirige bien, elle est très proche, elle parle, elle réveille des choses.

    Vos projets ?

    J'ai fait un film avec Garth Davis qui a fait "Lion", il y a Joaquin Phoenix, Rooney Mara, c'est "Marie-Madeleine". Joaquin Phoenix joue Jésus et moi, je joue Judas. Après, j'ai joué dans un film de Teddy Lussi-Modeste: "Un vrai bâtard". Je joue un mec faisant du stand-up, devenant une star et se prenant la tête avec son frère qui est son manager. j'avais comme partenaires Maïwenn et Roschdy Zem.
    Je viens de m'engager sur une série américaine, je suis content. C'est sur la chasse à Al-Qaïda, ça va jusqu'au 11 septembre, comment le FBI et la CIA se sont pris la tête.

    Lire aussi la critique du film Le Secret de la chambre noire

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