• Entretien: Susanna Nicchiarelli - Nico, 1988

    Par Michel Decoux-Derycke - Susanna Nicchiarelli est réalisatrice et scénariste. Plusieurs courts métrages et documentaires sont à son actif, elle a débuté avec un court "L'artista" en 2000. Cinq ans après, elle réalise son premier long "Uomini e zanzare", son deuxième, "Cosmonauta", en 2009. Nommée trois fois aux David di Donatello, dans trois catégories différentes, elle vient d'être récompensée par le prix du meilleur scénario.
    C'est à Bruxelles que je l'ai rencontrée pour discuter de son dernier film "Nico, 1988".

    Pourquoi ce film ?

    L'idée la plus intéressante, c'était que Nico ait survécu à sa génération. Beaucoup de gens étant avec elle, à New-York, au même moment, étaient morts, ceux du Velvet Underground. Morts très jeunes, le contraire de Nico qui n'est pas morte à 25 ou 26 ans. Elle a survécu et après, elle a fait des choses intéressantes comme artiste et comme être humain. C'est aussi le contraire du cliché de la rock-star qui meurt jeune.

    Connaissiez-vous le Velvet Underground ?

    Oui, tout amateur de musique connaît l'album où elle a chanté. D'ailleurs, je me demandais si c'était un homme ou une femme qui chantait, tellement la voix était rauque.

    Susanna Nicchiarelli

    Comment vous êtes-vous documentée ?

    Je savais qu'elle avait joué un petit rôle dans "La dolce vita" de Fellini. J'ai aussi découvert la musique qu'elle a fait après le Velvet. Un moment, j'ai commencé à croiser son nom dans des interviews, j'avais l'impression que personne ne lui rendait justice. Tout le monde ne parlait que des hommes avec lesquels elle avait couché. Personne ne parlait de sa musique.  J'ai vu des documentaires sur Youtube, tous les journalistes ne parlaient que des années 60.

    Le choix de l'actrice ?

    Je suis une fan de Trine, je l'ai vue présenter à Venise un film de Suzanne Bier. Je l'ai vue sur le tapis rouge, dans le film et je l'ai trouvée différente. J'aime beaucoup quand les acteurs se transforment. Dans mon film, elle est transformée, autrement que dans ses autres films. J'avais besoin de ce type de générosité. Besoin d'une femme de caractère qui m'aide à construire le film. Le film est le résultat d'un travail avec Trine, une collaboration créative.

    Vous avez tourné à Liège, pourquoi ?

    On a aussi tourné en Allemagne, en Italie. En fait, on avait besoin d'architectures différentes et à Liège, on a trouvé tout. On a trouvé un bâtiment qui pouvait sembler Prague, une petite maison de mineurs qui semblait Manchester, ... J'ai beaucoup aimé tourné à Liège.
    Ce qui est intéressant, c'est de voir comment les différentes équipes arrivent à travailler ensemble. C'était fascinant, on parlait quatre langues, c'était beau.

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