• Entretien: Stéphane Hénocque - Nous Quatre

    Par Michel Decoux-Derycke - Stéphane Hénocque est un jeune réalisateur belge. Depuis tout petit, son envie était de réaliser un long métrage et de voir celui-ci projeté sur grand écran, c'est chose faite depuis cette semaine.
    Je l'ai rencontré, à Liège, après l'avant-première de "Nous Quatre". Entretien avec un passionné autodidacte.

    D'où vient l'idée du film ?

    J'adore les films de potes. Il y a cinq ans, j'ai commencé à penser à ça, j'avais déjà le titre: "Nous Quatre". Au départ, c'était une toute autre histoire. Et puis, j'ai eu envie de voyager, de faire un road-movie. Je ne sais pas comment cela s'est enchaîné pour arriver au film que vous venez de voir.
    En fait, l'idée a maturé longtemps mais elle est sortie très vite. J'ai tourné très rapidement. Par contre, le montage a mis plus de temps, pratiquement deux ans. J'avais l'impression d'être sur des montagnes russes.

    Stéphane Hénocque

    Quelles ont été les conditions de tournage ?

    Dans un film, on tourne en général deux, trois minutes utiles par jour. Nous, on était à vingt minutes utiles. Nous tournions à deux caméras. La plupart du temps, on était en lumière naturelle. Il n'y a pas de prise de courant, pas de groupe électrogène dans les bois. Cela a été une vraie aventure, ce n'était pas simple du tout. Je n'avais qu'un objectif: le film, le film, rien que le film. Je voulais rentrer les séquences que j'avais prévues. Elles ont été tournées, certaines avec autorisation, d'autres à l'arrache.
    Un exemple de la difficulté du tournage, à Bruges où nous tournions sans autorisation, les bateaux passaient tout le temps et c'était en plein cagnard. Bizarrement, la séquence a été la plus facile à monter.

    Votre film alterne entre émotion et humour, comment avez-vous construit cela ?

    Je voulais faire un film sur la vie. C'est-à-dire que les trois amis ne sont pas au courant de la maladie de leur ami commun. Quatre copains qui sont perdus dans les bois, ils font des conneries. Ils redeviennent des mômes. La partie comédie, c'est quand ils sont paumés puis ça bascule dans le drame parce qu'on apprend la vérité. Donc je voulais que ce soit réaliste. Un film sur la vie tel que je la vois à travers ma bulle.

    Comment avez-vous choisi les quatre comédiens principaux ?

    Ce sont des amis. J'aime beaucoup travailler avec eux, c'est très agréable. Même si je suis quelquefois chiant. Le problème, c'est que j'avais pas mal de casquettes sur ce tournage, je devais m'occuper de plein de trucs.
    Il y a aussi le fait que je les connais bien ce qui m'a permis de donner de la profondeur à leurs personnages. Il y a un peu d'eux. Florian a cette fragilité que j'ai exploitée un peu plus. François, je ne l'avais jamais vu dans une comédie, je l'ai poussé là où il n'allait pas d'habitude. Pierre, j'avais fait des tests pour un précédent court métrage, "Run by run", il y avait là certaines choses intéressantes que j'ai reprises.

    Pourquoi Renaud Rutten et Didier Boclinville (NDLA: deux humoristes liégeois) ?

    Renaud, c'est un ami. Il m'a apporté énormément dans ce métier. J'adore travailler avec lui, c'est quelqu'un d'extrêmement drôle. J'avais envie de l'emmener dans un autre registre pour surprendre. J'aime les contrepieds.
    Didier, il a fait un don lors de notre appel au financement du film. Je me suis dit que ce serait marrant de l'avoir. La scène qu'il joue est juste géniale. Je lui avais donné le canevas et il a improvisé.

    Verra-t-on le film en salles ?

    Quand on a le nez dedans pendant deux ans et quand on a en face de soi des producteurs disant que le film n'est pas bon, n'est pas exploitable, que ça ne marchera pas en salles, on a beaucoup de doutes. Du coup, j'ai mis du temps à réaimer ce film. Un moment donné, je ne pouvais plus l'aimer. Je me suis repris en main, j'ai travaillé à fond dessus. J'avais besoin de la projection d'aujourd'hui pour voir ce que le public en pensait. Et j'ai ma réponse. Quand je vois les réactions des gens, j'ai envie que "Nous Quatre" sorte en salles.

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