• Entretien: Stephan Streker - Noces

    Par Michel Decoux-Derycke - Stephan Streker est un réalisateur et scénariste belge. Avant d'être cinéaste, il a été journaliste. En 1993, il réalise son premier court métrage "Shadow boxing" suivi d'un deuxième, en 1996, "Mathilde, la femme de Pierre". Son premier long métrage est "Michael Blanco" en 2004. En 2013, il réalise "Le monde nous appartient", nommé pour le Magritte du meilleur film. Avec "Noces, il a remporté le Prix Cinévox à Namur.  Il est aussi consultant football à la RTBF.
    C'est à Bruxelles que je l'ai rencontré pour parler de son dernier film.

    Pourquoi "Noces" ?

    Parce que c’est une histoire extraordinaire à raconter. Parce qu’à partir du moment où j’ai compris et appris que le frère adorait sa sœur, c’était l’histoire d’une famille aimante. Parce que chacun des personnages principaux était le siège d’enjeux moraux extrêmement puissants. Et que c’est assez rare de pouvoir raconter une histoire aussi forte, une tragédie intrafamiliale aussi exceptionnelle. C’était aussi rare de montrer quelque chose pour la première fois au cinéma, notamment un mariage traditionnel fait par Skype, célébré par un imam pakistanais. mal;">Comment avez-vous connaissance de cette histoire ?

    Comment avez-vous eu connaissance de cette histoire ?

    En fait, le film est inspiré de différentes histoires. J’en ai entendu parler à partir du moment où j’ai eu un regard différent que le regard habituel qui est donné par le faits divers. Là, je me suis dit, il y a moyen de raconter une histoire très, très forte.

     Stephan Streker

    Avez-vous eu des problèmes pour trouver des acteurs musulmans ?

    Non, pas du tout puisque ce n’est pas un film à charge d’une communauté. Ils n’ont pas eu de problèmes moraux.

    Comment avez-vous choisi les acteurs ?

    Lina El Arabi qui joue Zahira, on l’a trouvée en tout dernier. Je voulais une actrice qui soit ultra-débutante, de 18 ans, crédible en pakistanaise, francophone et du niveau d’Elizabeth Taylor. Cela faisait beaucoup comme cahier des charges. C’est sans doute pour ça qu’on a mis tellement de temps avant de la trouver. Par miracle, on l’a trouvée.
    Pour ce qui est du frère Amir joué par Sébastien Houbani, c’était beaucoup plus tôt. Ce qui était pratique parce que Sébastien et moi avons beaucoup travaillé en amont, cela permettait d’être prêt. Là où Lina s’est retrouvée plongée dans la mer et a été obligée de nager. Elle avait moins le temps de se poser trop de questions.

    Alice de Lencquesaing, Aurore l’amie ?

    Je l’adore. C’est une fantastique actrice. Je suis tellement fan de son travail que je n’avais pas besoin qu’elle fasse des essais. Elle mériterait un premier rôle.

    Olivier Gourmet ?

    Olivier, c’est mon ami. C’est le meilleur acteur du monde. C’est donc assez pratique de l’avoir comme ami.

    Y a-t-il eu des réactions de la communauté pakistanaise ?

    Bien sûr puisque le film a été beaucoup montré. La première fois, c’était au Festival de Toronto où il y a une très grosse communauté pakistanaise, ils ont été beaucoup touché par la véracité du propos. De toute façon, le film est coproduit par le Pakistan.
    Indépendamment du film, il y a une loi qui a changé. Elle disait, elle était assez incroyable, si la motivation d’un crime était l’honneur, c’étaient les circonstances atténuantes. Cette loi n’existe plus, elle a été abrogée.

    Vous venez de parler du Festival de Toronto, pourquoi est-ce important que "Noces" soit en Festival ?

     C’est très important, quand on fait un film, le but, c’est d’être vu. La chance qu’on a eu, c’est que le film a commencé sa carrière au Festival de Toronto. C’est le plus grand marché du cinéma mondial après Cannes. Cela signifie qu’il y a beaucoup de gens qui sont là, qui ont vu le film, qui ont permis sa diffusion, il a été acheté dans beaucoup de pays. "Noces" a été vu dans une trentaine de festivals.

    Le fait d’être réalisateur et aussi consultant football ne change-t-il pas votre regard ?

    J’ai beaucoup de chance, réaliser des films, c’est un métier merveilleux, exceptionnel, et j’ai la chance d’être consultant pour le foot, c’est une sorte de clin d’oeil de l’histoire. Cela s’est présenté et j’en suis très heureux, c’est rare d’avoir la chance de s’exprimer comme ça dans le domaine du foot et à propos duquel beaucoup de gens ont beaucoup d’avis. L’un nourrit l’autre et permet de se nettoyer de l’autre.

    N’avez-vous jamais pensé à faire un film sur le foot ?

    D’abord je ne suis pas sûr d’en être capable et je ne suis pas sûr d’avoir le bon angle, le bon point de vue. Dans mes prochains films, il n’y aura pas le foot.


    Lire aussi la critique de Noces 

    « Critique: Le Secret de la chambre noireEntretien: Tahar Rahim - Le Secret de la chambre noire »