• Entretien: Soko - La Danseuse

    Par Michel Decoux-Derycke -Soko est une auteur-compositrice-interprète et actrice française. Elle chante en anglais et se fait connaître grâce à la chanson "I'll Kill Her" en 2007. En 2014, sa chanson "We Might Be Dead by Tomorrow" atteint le top 10 du Billboard Hot 100. Elle a également joué dans plusieurs films dont "A l'origine", "Bye Bye Blondie", "Augustine". Actuellement, elle est à l'affiche dans deux longs métrages: "Voir du pays" des soeurs Coulin et "La Danseuse" de Stéphanie Di Giusto. C'est de ce dernier film que j'ai parlé avec elle, lors de son passage à Bruxelles.

    Comment vous êtes-vous retrouvée dans le film ?

    A cause d'une réalisatrice folle, passionnée comme pas deux, m'ayant dit qu'elle m'avait écrit le rôle de ma vie et qu'elle allait réaliser son premier long métrage. Je la connaissais au travers de ses vidéos, de ses petits films et de ses photos. Je suis déjà fan. Donc elle aurait pu me proposer n'importe quoi, n'importe quelle histoire, j'aurais accepté.
    Il se trouve qu'elle m'amène une histoire en or et le plus beau cadeau de ma vie: le rôle de Loïe Fuller, une icone oubliée de la Belle Epoque.

    Connaissiez-vous Loïe Fuller ?

    Non, pas du tout. J'ai vraiment fait sa connaissance à travers Stéphanie. Elle a fait un travail d'historienne et s'est documentée pendant plusieurs années. Pendant six ans, elle me cachait son scénario et puis, elle me nourrissait au compte-gouttes. Elle ne disait rien, à un moment, j'ai quand même eu un scénario avec une pile de livres, de documents, de photos, tout ce qu'elle avait accumulé pendant des années. Elle m'a fait rencontrer, à Neu-York, Jodie Sperling qui fait depuis quinze ans des performances de Loïe Fuller. Cette dernière m'a entraînée à Paris.  Sept heures par jour pendant deux mois.
    Il a fallu que j'apprenne tout de la danse. Aussi la grâce, la légèreté et la féminité. Moi, je ne suis pas très à l'aise dans mon corps. Je suis très maladroite, il a fallu que je mette ça de côté. C'était beaucoup de sueur, de bleus et se faire fouetter son égo tous les jours.

    Soko

    Comment cela s'est passé avec vos partenaires ?

    Gaspard Ulliel est la figure masculine du film. Son rôle lui fait jouer le compagnon de Loïe Fuller, témoin de sa création. Elle va lui voler de l'argent pour faire carrière en France.
    Quant à Lily-Rose Depp, c'est ma copine de Los Angeles. Je la connais bien, elle a du charisme. Elle a cette espèce de naturel déconcertant qui lui fait jouer avec justesse Isadora Duncan. J'étais contente de bosser avec elle, elle est hyper à l'écoute. Il ne faut pas oublier Mélanie Thierry qui est une actrice géniale. Elle me transperçait du regard, en fait, elle est tellement présente quand elle joue, qu'on ne peut même plus jouer, que tout devient vérité. Elle est d'une sensibilité monstre, je l'adore.

    Pourquoi vivre à Los Angeles ?

    Pourquoi pas? Je ne suis jamais sentie très française. J'ai vécu un peu partout. J'ai fait un petit saut à Londres, j'ai habité à New-York, à Seattle puis je me suis retrouvée sur la côte Ouest, là où il fait beau tous les jours. Moi, j'ai besoin d'océan, de montagnes, de forêts, il y a tout cela à Los Angeles. Et il y a du travail non-stop qui est possible. Il y a aussi une scéne musicale très importante et j'ai plein de potes musiciens. Je suis aussi super vegan, c'est très facile là-bas.

    Vous êtes multiple, vous n'aimez pas être mise dans une case ?

    Effectivement. Je fais de la musique, je réalise mes clips. Je fais mon art work. Je pars en tournée. Je tourne beaucoup. J'aime faire plein de choses, je me complais dedans.

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