• Entretien: Raf Reyntjens - Paradise Trips

    Par Michel Decoux-Derycke - Raf Reyntjens est un scénariste et réalisateur belge. Il débute dans le cinéma en 1999 avec "About Love", un court métrage, trois autres suivront. En 2011, il réalise le clip de la chanson de Stromae: "Peace or Violence", il récidive en 2013 pour "Papaoutai". Actuellement, son premier long métrage "Paradise Trips" est dans les salles.
    C'est à Bruxelles que je l'ai rencontré. Entretien avec un réalisateur nous emmenant en voyage.

    D'où vient l'idée du film ?

    J'avais quelques idées en tête. Premièrement, une histoire de générations. Nous vivons tous cela. Deuxièmement, l'histoire d'un chauffeur de car qui emmène une bande de jeunes. Là, c'est un peu plus personnel. Je suis parti en autocar pour un festival et nous sommes tombés en panne. Il a fallu appeler un autre chauffeur, cela a fait tilt, j'avais envie de raconter son histoire.
    Je commence toujours avec l'inspiration de ce qui se passe autour de moi. Ensuite, je construis l'histoire. Au bout d'un moment, on ne reconnaît plus ce qui est de ma propre vie de ce que j'ai inventé.

    Depuis quand ces idées traînaient-elles dans votre tête ?

    Quinze ans. A l'époque, je sortais d'une école de cinéma, je voulais faire un long métrage. Mais j'étais réalisateur, pas scénariste. J'ai fait un court métrage, des pubs pour acquérir de l'expérience. Ce n'est qu'en 2006 que j'ai écrit une première version du scénario mais ce n'était pas assez bien. Je l'ai mis de côté. J'ai réalisé un deuxième court métrage ainsi que des clips. De nouveau, je me suis remis sur l'écriture du long métrage. En fait, je sentais que ça devait sortir.
    Mon scénario a été sélectionné à Amsterdam, cela m'a donné le coup de pouce pour le développer. J'ai écrit, écrit jusqu'à ce que le scénario soit assez bon pour le proposer à des producteurs.

    Raf Reyntjens

    Comment s'est passé le tournage ?

    Déjà, je n'ai eu que 26 jours alors que j'en voulais 35. Ce fut assez rock'n' roll, j'ai tourné à l'étranger avec une grosse équipe. La première idée, c'était de carrément organiser un festival mais les difficultés étaient tellement importants que nous avons renoncé. Nous avons dû nous greffer à un festival existant. Un festival en Croatie, organisé par des Belges.
    Pour nous, ce fut une adaptation car notre organisation était quelque peu différente. Une équipe de tournage, c'est une organisation militaire et le festival, c'était l'inverse, une organisation hippie.

    Le casting ?

    J'ai fait un casting pour tous les personnages. Même si j'avais Gene Bervoets (NDLA: le père, chauffeur d'autocar) en tête, je lui ai fait passer des essais pour être vraiment sûr. Je voulais les meilleurs acteurs pour chaque rôle, pas nécessairement des noms connus.

    Comment avez-vous développé l'histoire père-fils ?

    J'ai beaucoup parlé avec les deux acteurs. C'est une histoire tragi-comique avec des grands contrastes entre les deux personnages. On pourrait croire que ce sont des caricatures mais non, ce sont des gens qui existent. Nous avons beaucoup répété pour construire ces personnages pour que le spectateur puisse vivre une expérience émotionnelle.

    Avez-vous d'autres projets ?

    Oui. Le scénario du deuxième long métrage est prêt, c'est en développement avec la même maison de production que pour "Paradise Trips". C'est l'histoire d'une petite fille qui est mordue par le chien du voisin, c'est un western. Nous tournerons en été 2017.

    Lire aussi la critique de Paradise Trips 

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