• Entretien: Pierre Duculot - Au cul du loup

    Par Michel Decoux-Derycke - Réalisé par Pierre Duculot, "Au cul du loup" a fait une belle carrière dans les festivals notamment à Manheim-Heidelberg, Cabourg, Bastia, Sao Paulo ou Annonay. Au Festival International du Film d'Amiens, "Au cul du loup" a remporté deux prix: le Grand Prix et le Prix du public.
    Lors du Brussels Film Festival, en juin 2011, j'ai rencontré Pierre Duculot pour lui poser quelques questions. Un entretien très intéressant avec un passionné.

    Pourquoi un journaliste (NDLA: Pierre Duculot fut journaliste à "La Wallonie", quotidien liégeois) décide-t-il de devenir réalisateur ?

    C'est une question complexe. J'ai essentiellement été journaliste cinéma donc j'ai passé ma vie à regarder des films et à les décortiquer. Puis au fur et à mesure, je me suis fait des copains dans ce milieu-là. Il est arrivé que je donne des coups de main, par exemple, relire un scénario ou écrire des dialogues. Puis j'ai commencé à écrire des scénarios que j'ai soumis à des réalisateurs. Ceux-ci m'ont dit que c'était pas mal mais tu comprends, on a nos propres projets. C'est comme ça qu'un jour, je me suis dit que j'allais faire moi-même un film.

    Pierre Duculot

    L'action se situe en Corse, pourquoi ?

    Parce que c'est une région que j'aime beaucoup. Aussi parce que c'est une région très peu et très mal filmée. Les cinéastes ne savent pas ce qu'ils perdent. On peut tout filmer en Corse: un film d'aventures en montagne ou un film exotique avec des palmiers. J'avais envie de montrer une autre Corse que celle qu'on imagine. Je ne voulais pas filmer des bords de mer paradisiaques, c'est d'abord un pays de montagnes. Je voulais éviter les clichés sur les soi-disants terroristes ou fainéants. Il y en a bien entendu mais il n'y a pas que cela. Je voulais montrer le quotidien de cette région ,
    "Les hasards de l'existence ont fait que je m'occupe d'un festival de cinéma en Corse depuis une douzaine d'années. Je commence à bien connaître l'ïle. Cela m'intéressait de raconter cette île-là.

    Comment est venue l'idée du film ?

    Elle est venue par deux biais différents. Le premier, c'est Christelle Cornil que je trouve très bien dans tout ce qu'elle fait. J'ai fait des courts-métrages avec elle et je voulais faire un long métrage où elle tiendrait le rôle principal. Je voulais écrire un film qui pouvait correspondre à ce qu'elle était. A la fois à sa nature, à son physique et à son âge. J'avais vraiment envie de travailler avec elle. Le deuxième, c'est la valse-hésitation qu'ont les gens de ma génération. Est-ce qu'on n'irait pas faire pousser des choux à la campagne où le confort de vie est meilleur. Cela fait quinze ans que je fais des allers-retours entre la Belgique et la Corse et je m'aperçois qu'au bout de deux ou trois mois en Corse, j'ai envie d'un cinéma, d'un centre commercial, des avantages de la vie urbaine. Cette espèce d'hésitation pouvait faire un sujet pour le film.

    Si vous deviez résumer le film en quelques mots, que diriez-vous ?

    C'est l'histoire d'une jeune femme qui a toujours vécu selon les règles qu'on lui a traçées. Elle travaille comme serveuse dans une pizzeria. A la mort de sa grand-mère, elle hérite d'une maison en Corse. Elle veut essayer de comprendre pourquoi il y a cette maison. A force de vouloir comprendre, elle va remettre toute sa vie en question. Elle va peut-être enfin s'émanciper et vivre la vie dont elle a rêvé.

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