• Entretien: Manal Issa - Peur de rien

    Par Michel Decoux-Derycke - Manal Issa est  ingénieur de formation et n'imaginait pas du tout une carrière au cinéma. C'est une photo sur Facebook qui va lui mettre à l'étrier. Danielle Arbid l'a choisie pour jouer Lina, l'héroïne de "Peur de rien".
    C'est lors du dernier Festival de Namur que je l'ai rencontrée. Entretien dans une ambiance sympathique.

    Comment êtes-vous êtes arrivée dans le film ?

    C'est quelqu'un de la production qui m'a contactée. En me disant que mon profil pouvait être intéressant pour le film de Danielle. J'y suis allée même si mon père ne voulait pas trop. Moi, je me suis dit pourquoi pas ? J'ai rencontrée Danielle au deuxième essai, c'est une très belle rencontre. Même si j'en avais rien à foutre qu'elle me prenne ou pas, c' était déjà bien de voir quelqu'un qui s'intéresse à moi et qui avait les mêmes points communs. Une vraie rencontre.
    Après, j'ai lu le scénario, j'ai trouvé l'écriture magnifique, c'était tellement beau. L'histoire, elle est belle. C'est un tournage où je me découvrais tous les jours, un peu comme Lina dans le film.

    Vouliez-vous devenir comédienne ?

    Non. Je suis ingénieur. J'ai fini mes études il y a peu. Ingénieur industriel parce que j'aime beaucoup l'ingénerie, j'aime beaucoup la programmation. Je suis aussi gameuse. 
    Je n'ai jamais pensé au cinéma. Je ne regardais pas de film. Je jouais plutôt à Call of Duty ou Counter Strike. J'ai commencé à regarder des films grâce à Danielle. Et je me suis senti bien, ce n'était pas comme si on m'imposait quelque chose. C'est comme un côté qui existait dans mon coeur mais que j'avais jamais découvert. 

    Mana Issal

    Ça a un côté jeu ?

    Oui, c'est une autre vie. Je ne peux encore dire que je joue parce que je vis. Je ne sais pas jouer, je n'ai jamais appris à jouer. Mais je vis. Je prends et je donne. Comme quand nous parlons, si vous me parlez, je vous réponds, vous me souriez, je vous souris, c'est comme ça un film pour moi. Si un jour, je me retrouve face à un acteur qui ne donne pas, je ne donnerai pas.

    Dans le film, vous avez vécu un peu la vie de Danielle plus celle, fictionnée, de Lina ?

    Oui et Lina, c'est un peu moi qui n'osais pas trop. J'osais jamais tomber amoureuse, jamais m'amuser, jamais sortir. J'étais coincée dans ma vie d'ingénieur. J'avais pas beaucoup d'amies. Et là, grâce à Lina, pour la première fois de ma vie, je suis tombée amoureurse. Même l'amour, je l'ai appris grâce à Lina. Parce qu'on a pas peur quand on joue dans un film.

    D'autres projets sont-il en route ?

    J'ai tourné avec Bertrand Bonello. Je suis l'une des dix jeunes qui fait sauter Paris dans "Paris est une fête". C'est Damien Chapelle qui lui a parlé de moi et j'ai tourné avec Finnegan Oldfield, Vincent Rottiers. 
    Je n'ai pas envie d'être actrice, j'ai envie de faire des beaux films. J' écris aussi un scénario, j'écrivais avant genre mes déceptions amoureuses, là, c'est concret, j'écris un film.


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