• Entretien: Lucas Belvaux - Pas son genre

    Lucas Belvaux est un acteur et réalisateur belge, originaire de Namur. Il débute comme acteur, en 1980, dans "Allons z'enfants" d'Yves Boisset. Il va jouer dans une trentaine de courts et de longs métrages. En 1991, il réalise son premier film: "Parfois trop d'amour". Onze ans plus tard, trois films de Lucas Belvaux, "Un couple épatant", "Cavale" et "Après la vie", sortent dans les salles à quelques jours d'intervalle. C'est une trilogie se déroulant dans les mêmes lieux, dans la même période de temps, avec les mêmes personnages. Par après, il réalise cinq autres films.
    J'ai voulu rencontrer Lucas Belvaux. Tout d'abord parce que c'est un réalisateur intéressant. Ensuite parce que son dernier film, "Pas son genre", le voit explorer un nouveau genre: la comédie romantique.

    Qu'est-ce qui vous a donné envie d'adapter le roman de Philippe Vilain ?

    En fait, deux choses. Les personnages. Parce que ce sont des personnages magnifiques, généreux, sympathiques. Et puis la situation. Une histoire d'amour entre deux personnes qui avaient les qualités que je viens de dire et qui, en même temps, ont plein de choses qui les séparent. Qui les oppose: la culture, la classe sociale. J'avais envie de voir si cette histoire-là était possible.

    Lucas Belvaux

    Comment vous êtes-vous approprié le livre ?

    Ce qui m'a beaucoup aidé, c'est que j'ai fait un choix assez radical d'adaptation. Parce que le roman était raconté à la première personne par le personnage masculin. J'ai décidé tout de suite de ramener les deux personnages à un niveau égal. Ce qui fait déjà une sacrée différence. Cela m'a donné beaucoup de liberté.

    Vous aviez d'abord écrit le rôle féminin pour Sophie Quinton. Vous avez dû changer en cours de route. Qu'est-ce qui vous a donné l'idée de prendre Emilie Dequenne ?

    Oh, parce qu'Emilie, je l'ai vue dans pratiquement tous ces films. C'est une actrice extraordinaire. Il n'y en a pas beaucoup comme elle. Je dirais même qu'elle est trop bonne actrice. A chaque rôle qu'elle joue, elle est tellement bien qu'on oublie le rôle précédent. Emilie est une actrice qui s'efface et qui se réinvente à chaque nouveau rôle.

    Est-ce Emilie Dequenne qui chante dans le film ?

    Oui, D'ailleurs, elle chante très bien. C'était important qu'elle chante juste. Mais je ne savais que ça serait beau à ce point. Dans le film, elle chante quatre chansons et elles sont toutes magnifiques.

    Justement, qui a choisi ces chansons ?

    C'est moi. Je les ai choisies au moment où j'écrivais le scénario. Les chansons racontent quelque chose du personnage. Ce ne sont pas des chansons décoratives. Elles ne sont pas là pour faire joli, pour faire une respiration. Elles racontent son état d'esprit au moment où elles les chantent.

    Loïc Corbery est le personnage masculin, expliquez votre choix ?

    Loïc est un acteur que je n'avais jamais vu jouer. C'est un acteur de la Comédie Française et je ne vais pas souvent à la Comédie Française. A peu près jamais. On me l'a présenté. Je cherchais un acteur qui soit, à la fois, très beau et très à l'aise avec les grands textes. Avec la langue française.

    Le tournage s'est déroulé à Arras, pourquoi ?

    C'est parce que le livre se passe à Arras. Il y a très longtemps, j'avais tourné dans cette ville pour mon premier film. Et ça m'a plu que ça se passe là. C'est une jolie ville et une ville qu'on connaît mal. Un Parisien, quand on lui dit Arras, il ne sait même pas où c'est. Arras, c'est à mi-chemin entre Paris et la Belgique. Cela correspond bien à ce que je suis.

    Votre film précédent: "38 témoins" était très sombre, ici, c'est plus léger. C'est voulu, ce changement de genre ?

    C'est vrai que "38 témoins" est à la limite du morbide, presque un film de morts-vivants. Tout le monde est dans un état plus tout à fait dans la vie. Alors que dans "Pas son genre", les gens sont vivants, aiment la vie. Ils font tout pour être heureux. Cela ne marche pas toujours. Mais en tout cas, ils ont cette espèce d'énergie vitale, amoureuse. Ce goût effréné pour le bonheur. Il n'y avait pas cela dans mes films précédents.

    Avez-vous d'autres projets ?

    Non. C'est la première fois depuis vingt ans. Je suis un peu fatigué. En quatorze ans, j'ai fait sept films et trois téléfilms. C'est vraiment beaucoup. Là, il faut que je me détende, que je change de rythme.

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