• Entretien: Jonathan Zaccai - JC comme Jésus Christ

    Par Michel Decoux-Derycke - "JC comme Jésus Christ" est le premier long métrage de Jonathan Zaccaï. Ce dernier débute au cinéma en 1991 avec une apparition dans "La Révolte des enfants". Il faut attendre 2000 pour le revoir au cinéma dans "Petite chérie". Sa carrière est lancée, on va le voir dans des films de Marion Vernoux ("Reines d'un jour"), de Sam Garbaski ("Le Tango des Rashevski", "Quartier Lointain"), de Jacques Audiard ("De battre mon coeur s'est arrêté"), d'Anne Fontaine ("Entre ses mains") et de Joachim Lafosse ("Elève libre"). Pour son interprétation dans "Elève libre", il recevra un Magritte du cinéma. Jonathan Zaccaï sera aussi le roi de France dans "Robin des Bois" de Ridley Scott. Récemment, il a partagé l'affiche, avec Vanessa Paradis et Samuel Le Bihan, du dernier film d'Anne Le Ny: "Cornouaille".
    Au milieu des années 2000, Jonathan Zaccaï se consacre à une nouvelle carrière, celle de réalisateur. Après deux courts métrages, "Comme James Dean" et "Sketches chez les Weiz", il écrit et tourne son premier long en 2011, "JC comme Jésus Christ".

    Pourquoi un acteur passe-t-il à la réalisation ?

    Cela faisait longtemps que je voulais réaliser un film. J'ai beaucoup galéré. Ce film est comme un enfant qu'on n'avait pas prévu. J'avais un film que je développais: "Tout le monde peut se tromper" dans lequel JC était un personnage secondaire. J'ai rencontré Vincent Lacoste et j'ai eu un coup de foudre pour l'acteur dans ce personnage. Je suis rentré chez moi, j'ai écrit un scénario basé sur JC en deux semaines. J'ai appelé l'agent de Vincent Lacoste, il m'a dit qu'il était libre pendant les vacances de février. Il faut savoir que Vincent Lacoste était en plein tournage de "Astérix et Obélix: Au Service de Sa Majesté". Un mois et demi après, on tournait le film. J'ai monté ma boîte de prod, je l'ai faite avec peu de choses. J'ai tourné en deux semaines et j'ai vendu le film à MK2.
    C'est vrai que ce n'est pas terrible de vendre un film en disant que celui-là, on ne l'avait pas prévu. J'ai tellement menti pour expliquer pourquoi je l'avais fait. Là, je préfère dire la vérité. J'ai fait ce film gratuitement parce que je voulais faire un film.

    Jonathan Zaccai

    Pourtant, vous aviez fait deux courts métrages ?

    Exactement. Les deux longs que j'avais développé, je n'arrivais pas à les faire. Il y a eu un trop plein d'énergie. J'ai décidé d'utiliser mon énergie comme moyen de production. Après, je ne me dédouane pas de ce qui se passe dans le film. JC est un peu un ectoplasme de notre société moderne. Est-ce que Justin Bieber est le meilleur chanteur ? Est-ce que Dominique Strauss-Kahn est vraiment l'info la plus importante à vendre ? Est-ce que les médias vendent parce que c'est le plus important ou parce que ça se vend le mieux ? Mon personnage est le symbole de cela, il est très bien pour être vendu.

    Dans le film, JC veut faire une comédie musicale sur Dutroux, cela ne va-t-il pas choquer  ?

    Les infos, dernièrement, ont parlé de la femme de Dutroux. J'espère, je prie pour que les gens, touchés de près par cette histoire, ne le prennent pas mal. Evidemment, dans le film, le projet de JC est un biopic absurde. C'est de l'humour au millième degré. Cela reste de l'humour sur la bêtise du projet en lui-même. Donc je n'ai pas l'impression que cela rentre dans le cadre de tout ce qui est faits divers.

    Comment avez-vous choisi les acteurs ?

    Elsa Zylberstein, c'est une amie. Je voulais qu'on voie son humour. Qu'elle n'est pas juste une princesse de papier glacé. Je l'ai inventée en diva se surjouant. Aure Atika, j'avais écrit en pensant que c'était la cougar idéale. Gilles Lellouche et Kad Merad se battant pour le rôle de Dutroux, c'est assez rigolo. Comme j'ai fait mon film en deux semaines, Gilles Lellouche est venu tourner deux heures et Kad Merad, quatre heures. Elsa et Aure, une journée. C'est vrai que je leur demandais, à l'échelle d'un film, peu de temps. Donc le délire de mise en abyme leur a plu. Ils ont joué le jeu.

    On sent dans votre film une espèce de filiation avec les autres films belges, comment expliquez-vous cela ?

    Ce qui a d'intéressant dans mon film et dans les films belges que j'aime, c'est l'humour. Et l'humour, c'est aussi de l'amour. Même si certains pensent que ce n'est pas vrai. En Belgique, dans l'humour, il y a de la tendresse. J'ai l'impression que c'est quelque chose qui a été intégré.

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