• Entretien: Jean-Michel Balthazar - Je suis à toi

    Par Michel Decoux-Derycke - Jean-Michel Balthazar est un comédien belge. Il débute au cinéma, en 1996, dans "La Promesse" des frères Dardenne. Avec ceux-ci, il tournera dans deux autres films: "L'Enfant" et "Le Gamin au vélo". On le retrouve notamment dans "Le Couperet" de Costa-Gavras ou "Cinéman" de Yann Moix. L'année 2014 est particulièrement riche en films pour Jean-Michel Balthazar. Outre "Je suis à toi" de David Lambert, il joue aussi dans "Welp" de Jonas Govaerts et "Benoît Brisefer : Les Taxis rouges" de Manuel Pradal.
    C'est à Bruxelles, dans le loft de Mister Emma, que j'ai rencontré Jean-Michel Balthazar. Dans ce lieu atypique, ce fut un entretien convivial. 

    Comment vous êtes-vous retrouvé dans "Je suis à toi" ?

    En fait, cela vient d'une rencontre avec David Lambert qui date déjà d'une douzaine d'années. J'étais dans un spectacle de théâtre et David était, dans ce spectacle, vidéaste. Un jeune vidéaste qui se lançait. Nous ne nous sommes plus vus pendant sept, huit ans. Il m'a recontacté en 2009 pour son court métrage "Vivre encore un peu...". Là, je jouais déjà un boulanger. 
    David a fait, par après, "Hors les murs" sans moi. D'ailleurs, il a eu grand tort (rires). Trêve de plaisanterie, il m'a téléphoné pour me proposer le rôle d'Henry, le boulanger homosexuel. Je me rappelle que j'étais dans le fond de mon jardin. J'étais un peu surpris, qu'est-ce qui me demandait là ? J'en ai longuement discuté avec ma femme car il y avait quelques scènes un peu plus osées. Finalement, je me suis dit que c'était dans la droite ligne de mon parcours d'artiste. Alors j'y suis allé.

    Jean-Michel Balthazar

    Quelles sont les scènes qui vous posaient problème ?

    J'ai deux garçons. Ils savent bien que je suis comédien. Je n'avais pas envie qu'ils aient des ennuis dans la cour de récré. Il faut dire que j'habite dans un village et dans un village, tout se sait très vite. 
    Sur le tournage, on s'aperçoit que ces scènes ne sont pas les plus difficiles ou les plus dures. Quand on se retrouve au lit, le boulanger et le prostitué argentin, cela se fait de façon très clean, il n'y a pas de véritable sexe, on joue. Puis cela se fait en harmonie avec l'équipe. Parce que c'est une équipe réduite. Donc les gens ne sont pas là comme des voyeurs. On n'est pas mal à l'aise. 
    En fait, une des scènes les plus dures a été celle des sacs de farine. Elle dure dix, douze secondes. Mais on l'a faite dix fois. Au bout du compte, Nahuel et moi avons transporté, en deux heures, trois tonnes de farine à bout de bras. 

    Justement, comment vous êtes-vous connecté avec Nahuel ?

    Le plus simplement du monde. David, lui et moi sommes allés manger un moules-frites. Nous avons parlé des us et coutumes de nos pays respectifs, de nos plats respectifs. Lui en Argentine, nous en Belgique. Les choses se sont faites naturellement et cela a continué sur le tournage. Comme si c'était un gars que je connaissais depuis vingt ans. Très professionnel, très amical, il n'y a pas eu de prise de tête. 

    Tout le film se déroule dans un village, Hermalle-sous-Argenteau plus exactement, comment cela s'est-il passé avec les villageois ?

    Déjà, il y a le contact avec le vrai boulanger. On s'était rencontré en 2009 pour le court métrage. Avec Pierre, nous sommes restés en relation. J'ai travaillé quelques nuits avec lui. Pour savoir comment on faisait le pain, on faisait des bonhommes. Il fallait trouver le geste juste. Pour que cela soit crédible dans le film.
    Par le biais de Pierre, qui est un pion central dans le village, nous avons fait connaissance avec le président des cramignons: les Rodjes ainsi qu'avec les autres habitants. Ceux-ci étaient fiers que leur village soit le centre d'intérêt d'un film. 

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