• Entretien: Erika Sainte (BRFF 2015)

    Par Michel Decoux-Derycke - Erika Sainte est une comédienne belge. Elle a remporté le Magritte du meilleur espoir féminin, en 2012, pour son rôle dans "Elle ne pleure pas, elle chante". Depuis lors, on l'a vue dans "Un heureux événement", "Brabançonne" et "Tous les chats sont gris".
    Je l'ai rencontrée, à Bruxelles, dans le cadre du Brussels Film Festival où elle est jurée.

    Avez-vous déjà été jurée dans un Festival ?

    C'est mon premier Jury de longs métrages. J'étais jurée, il y a deux ans, pour les courts métrages au FIFF à Namur ainsi que dans un autre Festival. J'ai accepté parce qu'on voit des films qu'on ne verrait pas autrement. C'est donc très intéressant. On a rarement l'occasion de discuter de cinéma entre gens qui font du cinéma. On découvre d'autres univers, C'est le choc des cultures.

    Erika Sainte (BRFF 2015)

    Je vous avais découverte dans "Elle ne pleure pas, elle chante", rôle pour lequel vous avez obtenu le Magritte du meilleur espoir féminin, pourquoi vous a-t-on moins vu par après ?

    C'était mon premier rôle au cinéma. J'ai eu la chance d'avoir un réalisateur qui m'a fait confiance, qui a misé son film sur moi. Donc, il a eu moins beaucoup moins d'argent que ce qu'il pouvait avoir avec une tête d'affiche. Après, je n'étais pas vraiment plus connue. J'ai dû juste continuer à travailler. Je n'ai pas eu, par la suite, un premier rôle où j'avais le film sur mes épaules. De toute façon, cela ne court pas les rues. Des rôles que je pourrais interpréter, il n'y en a pas tellement. Et toutes les actrices qui les ont joué le méritaient amplement. Il faut de la place pour tout le monde.

    On vous a vue récemment dans 'Tous les chats sont gris" et dans "Brabançonne", pourquoi avoir accepté ces rôles ?

    "Tous les chats sont gris", c'est plus par amitié pour Savina (NDLA : Dellicour, la réalisatrice). Parce que j'ai aidé sur le casting donc on a bossé ensemble. On s'est dit toutes les deux que ce serait chouette de passer une journée ensemble à faire ce personnage-là.
    "Brabançonne", c'était intéressant quand même. La première comédie musicale belge et bilingue. Donc ça donne envie.

    Pourquoi avez-vous voulu être actrice, qu'aimez-vous dans le cinéma ?

    Je ne suis pas devenu actrice à cause du cinéma. J'étais à l'Académie, j'adorais faire ça. De fil en aiguille, ce qui était une occupation du mercredi après-midi est devenu la chose pour laquelle je passais le plus de temps. Je m'investissais plus donc j'ai donné plus de place à ça.
    Je n'aime pas un style particulier de cinéma, je suis éclectique dans ce que je regarde. J'aime particulièrement les films qui sont radicaux. Où il n'y a pas de faux-semblants. Le dernier film devant lequel je suis resté scotchée, c'est "Alleluia" de Fabrice du Welz. Je ne suis pas une fan de ce genre de cinéma mais c'est tellement radical que je ne pouvais qu'adhérer.

    Quels sont vos projets ?

    Je viens de terminer un long métrage que j'ai réalisé en collaboration avec Vincent Solheid et Michaël Bier. On va entrer en montage. Je suis sur une série Canal +, c'est en tournage actuellement. Il y a aussi des projets de courts métrages cet été ainsi qu'une reprise, en septembre, au Théâtre Le Public de "Qui a peur de Virginia Woolf ?".

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