• Entretien: Corinne Masiero - Louise Wimmer (FIFF 2011)

    Par Michel Decoux-Derycke - Octobre 2011, Festival International du Film Francophone de Namur. Dans ma liste de films à voir, j'avais coché "Louise Wimmer". Le titre avait accroché mon regard. Là, c'est un véritable coup de coeur. Un film dense, fort, dérangeant. Le rôle principal est tenu par Corinne Masiero. Cette dernière a débuté au cinéma en 1993, dans "Germinal" de Claude Berri. Cinq ans plus tard, elle apparaît dans "La Vie rêvée des anges" d'Erick Zonca. Il lui faudra attendre 2008 pour revenir au cinéma et là, Corinne Masiero avec, en point d'orgue, "Louise Wimmer", film qui la révèle. Elle est récompensée par l'Oeil d'or de la meilleure actrice à Zurich et le Swann d'or coup de cœur à Cabourg. Entre ses apparitions cinématographiques, elle joue au théâtre et à la télévision.
    C'est au FIFF, à Namur, que j'ai rencontré Corinne Masiero.

    Un premier rôle dans un film, quel est votre sentiment ?

    C'est un beau cadeau. Le plus beau cadeau qu'on m'ait fait. Je fais beaucoup de théâtre, de théâtre de rue. Accessoirement, de la télé et du ciné. D'abord, j'ai cru à une blague. J'ai rencontré le réalisateur, Cyril Mennegum et là, j'ai découvert un type formidable. Il vient du documentaire, il sait de quoi il parle. Il a une expérience de vie avec de sombres moments tout comme moi. C'est un cinéaste de génie.
    C'est un super rôle. C'est pas un rôle genre Louis XIV où tu te mets une vieille perruque poudrée et en avant. C'est tout ce que ça raconte. La recherche de la dignité quand tu es dans la galère, tout ce que tu peux rencontrer là-dedans. Certaines choses que, moi, j'ai vécu, certaines choses que beaucoup de gens vivent actuellement.


    C'est un film de combat ?

    Oui. Combat contre tout, combat contre le regard des autres. Un regard que tu as du mal à supporter parfois. Pour des petites bricoles en plus. C'est ça que j'aime dans le film, ce ne sont pas des trucs extraordinairement spectaculaires, ce sont des petits trucs du quotidien. Qui font que, petit à petit, tu te prends des coups dans la gueule. Qui font que tu finis par exploser ou imploser. Le regard des autres, c'est terrible quand tu te sens hors-normes, déclassé. Quand tu sens que tu n'as pas ta place, qu'on ne te la donne pas.

    Corinne Masiero dans Louise Wimmer

    Pourtant, cela reste un film optimiste ?

    C'est très drôle, on en parle souvent avec les gens qui voient le film. Effectivement, il y a une scène que, moi, j'adore. C'est ma préférée, c'est la scène de fin. C'est à un point que je ne peux pas la regarder parce j'ai les poils qui se dressent. Parce qu'à la fin, tu peux te dire, il y a une note d'espoir mais en même temps quand tu vois ce qu'elle regarde, tu te dis quel drôle d'espoir. Est-ce qu'il faut se réjouir d'un espoir pareil ? La question est posée. Après, chacun répond comme il le souhaite.

    Est-ce important de venir dans un Festival ?

    C'est très important. Je trouve que Namur est un gros Festival. Tout ce que j'entends sur Namur, c'est dithyrambique. C'est important parce que l'on rencontre le vrai public. C'est l'occasion de montrer le film à des vrais gens, pas seulement des professionnels. Cela donne des débats après la projection. Cela provoque des questionnements. C'est important pour le réalisateur pour que l'on voie son travail. Pour moi aussi, il faut pas déconner, il faut qu'on voie ma gueule. Aussi parce que Cyril, dans le cinéma, il apporte quelque chose de nouveau.
    Le sujet du film, il faut en parler. Les travailleurs pauvres, cette misère sociale et économique. On la vit tous, il suffit de regarder autour de nous.

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