• Entretien: Christian Rauth (TEFF 2017)

    Par Michel Decoux-Derycke - Christian Rauth est acteur, scénariste et écrivain. Il tourne pour le cinéma, notamment dans "Rue Barbare" de Gilles Béhat, "Les Caprices d’un Fleuve" de Bernard Giraudeau, et pour la télévision de nombreux téléfilms et quelques séries à succès dont "Navarro", "Les Monos", "Père et Maire". Il a coécrit et joué le court-métrage "Omnibus" réalisé par Sam Karmann (Palme d’or, Oscar et British Award). Comme scénariste, il a écrit près d’une quarantaine de scénarios, produits et diffusés. Il a publié deux romans: "La brie ne fait pas le moine" et "Fin de série". Son prochain livre, à paraître, est intitulé "La Petite Mort de Virgile".
    Namur a accueilli notre conversation.

    Pourquoi êtes-vous au TEFF ?

    Pour trois raisons, le handicap me concerne, me touche. J'ai déjà participé à un Festival sur le handicap en France, d'ailleurs avec Luc Boland. Quand Luc m'a appelé, j'ai dit oui tout de suite. Aussi parce que Luc est un vieil ami, il a réalisé un des épisodes de la série "Les Monos", c'est comme ça qu'on s'est connus. Et nous sommes restés en contact depuis. J'ai un souvenir très ému de sa façon de travailler, sa bienveillance avec les acteurs. Malheureusement, il a dû abandonné le métier pour s'occuper de son fils et c'est une perte au niveau du métier, c'est vraiment quelqu'un de très bien. La troisième raison, c'est que bizarrement, j'ai une très bonne approche avec les handicapés mentaux. Il y a quelque chose entre moi et les handicapés. J'ai du plaisir à être avec eux, pour tout dire.

    Votre avis sur ce Festival ?


    C'est évidemment formidable, c'est évidemment nécessaire, c'est évidemment important. Surtout avec les moyens, ce n'est pas un Festival très riche, que Luc Boland a, il arrive à faire un truc énorme. Moi, ce qui m'impressionne beaucoup, c'est la charge de travail. Il va y laisser sa santé, le pauvre, parce que c'est un boulot de dingue. Avec les soixante-dix bénévoles, c'est un travail de fou. Bravo !

    Christian Rauth
    Le fait que le TEFF soit peu médiatisé, qu'en pensez-vous ?

    A la télévision, oui. Mais il y a eu un très bel article dans La Libre. On sait que la presse se dédouane de temps en temps. Il y a une journée pour le handicap, la journée de la femme, la journée des cons, ...

    La sélection ?

    Beaucoup de films pourraient passer dans le circuit normal quoique il n'y a plus vraiment de circuit normal. Par exemple, on ne passe plus des courts métrages en salles, les exploitants préfèrent payer une taxe et passer de la pub. Le court métrage n'est pas vraiment mis en valeur. Il y a énormément de festivals de courts métrages mais ça reste quand même pour les aficionados. Ce n'est pas grand public, si vous parlez aux gens, ils ne savent pas ce qu'est le court métrage.

    Christian Rauth acteur, où en est-il ?

    Il est à la retraite. Il tourne mais pas comme avant. Je suis étiqueté télévision, également étiqueté emmerdeur. Comme j'écrivais les séries que je jouais, c'est compliqué. Je me fais plus rare, quand on me propose des rôles, je les prends quand ça me plaît. En même temps, quand j'ouvre la télé, je n'ai pas envie de travailler. Il n'y a pas beaucoup de bonnes séries. Il y a des opérations de prestige, de qualité mais l'ensemble de la programmation n'est pas terrible. Surtout le système de mise en place est très, très compliqué, de plus en plus. Moi, j'ai fait deux séries qui ont été des gros succès et je m'aperçois aujourd'hui que c'est un miracle. A l'heure actuelle, elles n'existeraient pas. "Les Monos" sur les éducateurs de rue, je ne vois pas comment on pourrait faire. "Père et maire", un sujet de comédie sociale sur la vie d'un maire, traité comme "La Grande Vadrouille", ils n'en veulent plus. Pourtant, quand ça repasse sur la TNT, ça cartonne toujours.
    Je ne sens plus trop en phase. Comme je ne suis pas quelqu'un qui va appeler les gens, ce que je n'ai jamais fait, c'est plus compliqué pour moi.

    Vous écrivez aussi, quel est votre parcours ?

    D'abord j'ai écrit pour le théâtre puis pour des acteurs-chanteurs, dans les années 80, c'étaient les clips qui démarraient. J'écrivais des scénarios de clips vidéos. Ce faisant, j'ai commencé à écrire des scénarios pour la télévision, le premier, c'est "Pigeon vole" pour TF1, c'est basé sur mon expérience de joueur, j'avais joué dans une partie et le pigeon, c'était moi, à l'époque, il y avait des modules de 20 minutes produit par Abder Isker. Après, quand j'ai commencé "Navarro", ça m'a donné une liberté financière, ça m'a permis de prendre le temps de faire autre chose. Mon premier roman notamment, au début de "Navarro", en 1992. Là-dessus, j'ai écrit le court métrage "Omnibus", Palme d'or à Cannes, Oscar et British Award, cosigné par Sam Karmann mais c'est moi qui l'ai écrit à 90%. Le film n'existerait pas si je n'avais pas raconté l'histoire. Ensuite d'autres scénarios ainsi qu'un autre livre.

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