• Entretien: Bouli Lanners - Tueurs

    Par Michel Decoux-Derycke - Comme acteur, Bouli Lanners a joué dans une soixantaine de longs métrages. On le retrouve notamment dans "J'ai toujours rêvé d'être un gangster", "Astérix aux Jeux Olympiques", "Kill Me Please", "Rien à déclarer", "De rouille et d'os", "Astérix et Obélix: Au Service de Sa Majesté", "Tous les chats sont gris", "Réparer les vivants", ou encore "Petit Paysan". Une filmographie variée venant de s'enrichir avec le rôle du flic retors Danny Bouvy dans le film 100% belge "Tueurs".
    Je l'ai rencontré à Bruxelles et nous n'avons pas parlé que de ce rôle.

    Vous connaissiez François Troukens ?

    Je ne le connaissais pas du tout, un jour, il est venu me voir pour parler du film puis il est retourné en prison où je suis allé le voir plusieurs fois.

    Il a écrit son scénario en pensant à vous.

    Oui, il a pensé à moi mais il voulait me proposer le personnage de Vik. Moi, je préférais Bouvy. Nous avons eu un débat, vraiment, jouer Bouvy me bottait, finalement, il m'a laissé ce rôle. J'aimais la complexité du personnage, l'absence de rédemption totale, quitte à faire un personnage comme celui-là autant le faire à fond. Je suis moins gentil que dans les autres films.

    Bouli Lanners

    Ce n'est pas la première fois que vous jouez un flic.

    Là, j'ai pris du grade, avant, je faisais la circulation. Maintenant, je suis devenu commissaire à la PJ.

    Que vous inspire cette histoire en partie basée sur les tueurs du Brabant ?

    J'avais vingt ans au moment des tueries. Je trouvais casse-gueule le fait de parler de cela mais venant d'un gars comme François qui vient du milieu, qui a dû entendre des choses, qui connaît, il y avait une espèce de légitimité à pouvoir parler de ça. Du coup, je trouvais ça intéressant.
    Quand on était jeune, la théorie du complot était là de manière sous-jacente, on parlait d'infiltrations, de la CIA, de plein de choses. Déjà, on disait qu'il y avait une disproportion entre les butins et les tués, les tentatives de déstabilisation de l'Etat.
    Cela ne raconte pas que ça, ce n'est pas un film sur ça. C'est un vrai film d'action, un vrai film de genre totalement assumé. Je trouvais couillu de faire ça en Belgique.

    C'est aussi un premier long.

    Oui, avec deux réalisateurs, même deux demi puisque aucun des deux n'avait réalisé un film. Il y avait un vrai pari au départ. Mais bien produit, bien structuré, avec des personnages clairs, ça aide évidemment. Puis la distribution uniquement belge donne un cachet à ce film.

    Comment le tournage s'est-il passé ?

    Bien puisque nous nous connaissions quasi tous. Si nous n'avions pas joué ensemble, on s'était croisés de toute façon à des festivals ou à des soirées. Enfin, nous pouvions jouer tous ensemble.

    Quels sont vos projets ?

    Je pars bientôt dans le nord de l'Ecosse, deux mois pour écrire, pour travailler sur le scénario de mon prochain film. C'est l'adaptation du dernier roman de Peter May. Je compte revenir avec le scénario terminé pour pouvoir tourner en 2019. En parallèle, j'écris aussi une série que je compte tourner tout de suite après le film. L'idéal, c'est le film en 2019 et la série en 2020.

    Vous êtes également un citoyen engagé notamment sur le nucléaire.

    Moi, ce que je veux, c'est que la communication soit objective, pour le moment, il y a un rouleau de communications qui vient du forum du nucléaire et parfois, elle est carrément révisionniste. A Fukushima, on nous fait croire que les morts ne sont pas morts à cause des radiations. Ce n'est pas de l'info, c'est de l'intox. Moi, j'essaie de ramener le débat sur la place publique. Je veux que les gens connaissent réellement les tenants et les aboutissants du nucléaire et puis qu'ils puissent décider.
    Je suis passé dans les JT, j'ai fait une interpellation au Conseil communal de Liège, je travaille avec Greenpeace sur des événements. Je suis un peu l'interface entre les Allemands et les Hollandais. Je m'inscris dans un militantisme de manière beaucoup plus conséquente parce que ce sont mes convictions intimes.

    Quand vous vous retournez sur votre parcours, qu'en pensez-vous ?

    Je ne préfère pas me retourner maintenant. Je veux continuer à avancer. Evidemment, quand j'ai eu mon problème de santé il y a deux ans, je me suis repositionné. Et c'est probablement ça qui fait que je milite. La vie est courte, il faut vraiment en profiter. En profiter sans profiter des autres.

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