• Entretien: Angélique Litzenburger - Party Girl

    Par Michel Decoux-Derycke - Angélique Litzenburger est une ancienne danseuse de cabaret. Elle est l'héroîne principale de "Party Girl", film coréalisé par Marie Amachoukeli, Claire Burger et son propre fils, Samuel Theis. Elle y joue son propre rôle, celui d'une danseuse de cabaret tentée, après trente-cinq ans de bons et loyaux services, d'abandonner son métier par amour pour un de ses clients.
    Entretien avec une femme aussi généreuse que spontanée sur laquelle veille un petit chien devenu la mascotte du film.

    Quelle a été votre réaction quand votre fils vous a dit qu'il allait faire un film sur votre vie ?

    Cette question, je l'entends souvent. Au début, je n'étais pas d'accord. Je ne voulais pas me dévoiler comme ça. J'avais peur que tout le monde me voie et me regarde de travers. Mon fils m'a rassuré en me disant que j'étais un personnage intéressant. Il voulait faire un portrait, un beau portrait. Il a ajouté que je ne devais pas avoir peur, que je pouvais avoir confiance. En plus, il a ajouté que je jouerais avec mes propres enfants. Alors là, ça m'a tilté. Je me suis dis que jouer avec ses propres enfants, cela ne se voit pas partout. On ne peut le faire qu'une fois.

    Angélique Litzenburger

    Pendant trente-cinq ans, vous avez danseuse de cabaret, qu'est-ce qui vous attirait dans ce métier ?

     J'ai toujours aimé le monde de la nuit. J'aimais le métier de danseuse, j'ai toujours voulu rester dans cette lumière rouge. Elle m'a toujours attiré. Entre les filles, nous étions soudées. C'est quelque chose que je n'oublierai jamais. Je le dis franchement, j'aimais ce métier. C'était ma maison, ma famille. Maintenant, je ne suis plus danseuse mais je suis resté une Party Girl.

    Quand vous avez vu le film, quel a été votre sentiment ?

    Il y a beaucoup de vrai dans ce film. Comme l'église, le cabaret, la famille d'accueil, tout est vrai. Mes enfants jouent leur propre rôle, moi aussi. Par exemple, la scène de la voiture, ce n'est pas la fiction. Je parle franchement. Quand je lui parle à mon fils de mon mariage que je ne sens pas vraiment, je panique un peu, ce n'était pas écrit. C'est moi qui improvise. Pour tout vous dire, je ne voulais pas me marier. Je ne me suis pas marié par amour mais pour ma sécurité, pour avoir mes enfants plus près de moi. Pour que mes enfants reviennent parce que je sentais que j'allais les perdre. Je me suis quand même farci un an et demi avec mon mari (rires). Après ces mois de galère, j'ai alors pris la décision de divorcer.

    Comment s'est passé le tournage ?

    Comme je jouais mon propre rôle, je n'ai pas eu besoin de me préparer. Le matin, je regardais le scénario. Contrairement à ce que l'on croit, il y avait un scénario. La plupart du temps, pour les dialogues, ce sont mes propres mots. On m'a aussi un peu corrigé. C'était pour mieux interpréter. Il y a eu beaucoup d'improvisation. Grâce à ça, les réalisateurs ont découvert beaucoup plus que si on avait suivi le scénario mot à mot.

    Vous êtes allée au Festival de Cannes, comment avez-vous vécu cela ?

    Cannes, c'était mon rêve. Il s'est réalisé. Pour moi, c'est un cadeau du ciel. Une expérience inoubliable. Je n'ai pas eu peur d'être photographiée. Je me suis donné comme j'étais. Je suis restée moi-même. Quelque part, depuis toute petite, il y avait une actrice en moi. D'ailleurs, j'ai toujours voulu être dans le cinéma. J'admirais Romy Schneider, Liz Taylor, Gina Lollobrigida. Quand je les voyais au cinéma, je rêvais d'être comme elles. Je remercie mon fils de m'avoir permis de vivre cela.

    Que diriez-vous aux lecteurs pour qu'ils aillent voir le film ?

    Dans ce film, il y a beaucoup d'amour, beaucoup de force, beaucoup de boulot. Je montre qu'à soixante ans, on peut encore s'amuser si on ne se laisse pas aller.

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