• Critique: Zagros

    Zagros, long métrage, réalisation: Sahim Omar Kalifa, scénario: Sahim Omar Kalifa et Jean-Claude Van Rijckeghem, distribution: Feyyaz Duman, Daria Hachem Mohamet GulliMaaike Neuville, Halima Ilter, Yusuf Çetin, Aziz Çapkurt, Munip Seven
    Drame, Belgique, 102', sortie le 15/11/2017, distribué par Cinéart, Grand Prix du Festival de Gand - Atlas d'Argent, Prix de la mise en scène au Arras Film Festival

    Affiche Zagros

     

    L'histoire: Havin, la jeune femme de Zagros, un berger Kurde, est accusée d’adultère. Avec sa petite fille Rayhan, elle fuit du Kurdistan vers la Belgique. Convaincu de son innocence, Zagros décide de la rejoindre en Belgique pour y démarrer ensemble une nouvelle vie. Mais, à Bruxelles, il apparaît qu’Havin n’a pas dit toute la vérité et Zagros commence à douter. Il doit choisir entre son amour pour sa femme et l’honneur de sa famille.

    La critique de Michel Decoux-Derycke: En quatre courts métrages, le réalisateur belgo-kurde Sahim Omar Kalifa a démontré de belles qualités. Le premier, "Nan", a été réalisé en 2008. Le deuxième, trois ans plus tard, "Land of The Heroes", a été en compétition officielle à Berlin. Le troisième, "Baghdad Messi", a récolté pas mal de prix et a été repris la longlist des Oscars en 2014. Le quatrième, "Bad Hunter" a aussi remporté quelques récompenses. Il était plus que temps que Sahim Omar Kalifa fasse un long métrage. C'est chose faite avec "Zagros".
    Le film surfe sur la vague des films dits «engagés» dénonçant des pratiques d'un autre âge. C'est très bien, c'est plus que nécessaire, toutefois, il y a un effet pervers, cela stigmatise une communauté et fait entrer dans l’inconscient collectif des idées plus que limites sur les immigrants. Ce n'est pas délibéré, loin de là, les intentions sont sincères et louables. Mais quand on aborde des sujets pareils, il faut faire gaffe, il faut mettre des nuances et ce n'est pas le cas dans "Zagros".
    Cela dit, les acteurs se défendent bien, jouent avec conviction, nous emmènent dans ce déchirement conjugal qui n'est qu'une histoire de jalousie, de doutes, le tout attisé par la famille de Zagros, empêtrée dans ses traditions. Il faut y ajouter l'éloignement, le fait que Zagros ait dû abandonner son boulot de berger, partir de ses montagnes du Kurdistan pour retrouver sa femme et sa fille en Belgique, son spleen et son sentiment d'être assis le cul entre deux chaises.
    Pour finir, je dirais que, pour un premier film, ce n'est pas trop mal. C'est au-dessus de la moyenne mais Sahim Omar Kalifa devra veiller à être plus clair, plus net dans son propos.

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