• Critique: Une femme fantastique

    Une femme fantastique (titre original: Una Mujer Fantástica) de Sebastián Lelio avec Daniela Vega, Francisco Reyes, Luis Gnecco, Aline Kuppenheim, Amparo Noguera

    Affiche Une femme fantastique

    L'histoire: Marina, jeune serveuse transgenre aspirant à devenir chanteuse, développe une relation amoureuse avec Orlando, le propriétaire d'une imprimerie de 20 ans plus âgé qu'elle. Tous deux planifient leur avenir ensemble, mais Orlando meurt soudainement. Marina se voit contrainte d'affronter la famille d'Orlando et de se battre afin de prouver qu'elle est une femme forte, honnête et fantastique.

    La critique de Michel Decoux-Derycke: Déjà, ce que j'ai apprécié dans ce film, c'est que le réalisateur ait choisi pour le rôle principal, une actrice transgenre. C'est tout de même la moindre des choses, si il avait pris un homme, cela aurait vite tourné à la caricature ou si c'était une femme, cela aurait été sans doute du même acabit. Pour exprimer les sentiments d'une transgenre, c'est nettement mieux de demander cela à quelqu'un qui vit cette situation. Evidemment, le propre d'un comédienne ou d'une comédien, c'est d'interpréter des rôles loin d'elle ou de lui mais il y a des limites.
    Marina est jouée par Daniela Vega dont c'est seulement le deuxième long métrage, trois ans après "La Visita", elle est également chanteuse lyrique. Elle est tout simplement fantastique, une véritable révélation. Son personnage est plutôt silencieux, suit ses aspirations, assume ses choix avec une force tranquille et doit affronter la curiosité intrusive de la police ainsi que l'hostilité de la famille de son amoureux. Son relatif silence renvoie les autres protagonistes à leur ignorance et leur bêtise.
    La réalité de "Une femme fantastique" est entrecoupé, par moments, d'étonnantes séquences nous laissant entrevoir les sentiments de Marina. Ces scènes, lorgnant quelquefois vers le genre fantastique, donne une force supplémentaire au film. Celui-ci a été présenté à la dernière Berlinale et y a remporté l'Ours d'Argent du meilleur scénario et le Teddy Award, récompenses largement méritées.
    Pourquoi ai-je également aimé ce long métrage ? Parce qu'il met notre société en face de ces contradictions. A force de vouloir tout normer, faire rentrer tout le monde dans une case, on n'accepte plus la différence. C'est vraiment dire: cachez loin de moi cette personne, elle me gâche la vue. Nous devons lutter contre cela sinon nous n'aurons pas de beaux lendemains mais un moche avenir !

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