• Critique: Thelma

    Thelma, long  métrage, réalisation: Joachim Trier, scénario: Joachim Trier et Eskil Vogt, distribution:  Eili Harboe, Ellen Dorrit Petersen, Okay Kaya, Henrik Rafaelsen, Grethe Eltervåg, Ludvig Algeback, Isabel Christine Andreasen, Camilla Belsvik
    Fantastique - Drame, Suède/Danemark/France/Norvège, 116', sortie le 29/11/2017, distribué par Imagine, Prix spécial du Jury et Prix du meilleur scénario au Festival de Catalogne 2017 - Astor de la meilleure actrice au Festival de Mar de Plata 2017 - sélection Festival de Gand 2017

    Affiche Thelma

    L'histoire: Thelma, jeune fille timide, quitte la maison de ses très dévots parents pour aller étudier à Oslo. Là-bas, elle rencontre Anja dont elle tombe amoureuse. Peu à peu, elle se rend compte qu’elle détient des pouvoirs surnaturels qui, tout comme ses sentiments, grandissent au point de mettre en danger son entourage.

    La critique de Michel Decoux-Derycke: La scène d'ouverture de "Thelma" est frappante et énigmatique. On en comprendra le pourquoi après plus d'une heure de film. Jusqu'à ce moment, Joachim Trier parsème des indices, donne des clés avec subtilité. Si on peut donner le terme général de thriller au quatrième long métrage du réalisateur norvégien, on peut y accoler le mot paranormal, fantastique, religieux ou même drame familial. Pour ce dernier qualificatif, on s'aperçoit que la jeune héroïne est littéralement oppressée par son père sous couvert de prendre de ses nouvelles, tout cela fait avec subtilité, sans violence physique, l'air de rien. Plus tard, on verra pourquoi ce père a cette attitude.
    Thelma est incarnée par une jeune actrice norvégienne, Eili Harboe, dont le visage est capable, d'une scène à l'autre, de la faire ressembler à une fillette de 10 ans puis à une femme de 30 ans. Elle incarne avec justesse cette jeune fille découvrant le monde extérieur (l'université) et l'amour (avec une femme). Il faut aussi souligner l'excellence des autres acteurs. En Scandinavie, il y a un incroyable vivier de comédiens que l'on voit peu puisque peu de films parviennent jusque chez nous. C'est bien dommage ! A chaque film provenant des contrées nordiques, on se demande pourquoi les distributeurs sont aussi frileux avec ce cinéma-là.
    Joachim Trier nous gratifie également d'une mise en scène impeccable, paraissant froide, semblant dénuée d'émotions mais détrompez-vous, on est remué au fond de ses tripes. Ce qui est intéressant, c'est que "Thelma" met en avant une femme, c'est de plus en plus souvent et c'est heureux.

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