• Critique: Their Finest

    Their Finest de Lone Scherfig avec Gemma Arterton, Sam Claflin, Bill Nighy, Jeremy Irons, Eddie Marsan, Jack Huston, Helen McCrory, Jake Lacy, Rachael Stirling, Richard E. Grant

    Affiche Their Finest

    L'histoire: Londres, Seconde Guerre mondiale. Catrin Cole décroche un emploi de copywriter pour des films de propagande ayant besoin d’une touche féminine. Son flair naturel est rapidement remarqué par le prolifique producteur de films Tom Buckley. Pour remonter le moral du pays, Catrin et Buckley doivent réaliser un long métrage qui réchauffera le cœur de la nation. Malgré les bombardements incessants, Catrin découvre qu’il existe autant de drame, d’humour et de passion derrière que devant la caméra.

    La critique de Michel Decoux-Derycke: De nombreux films ont déjà abordé la thématique de la propagande pendant la guerre. Lors de la Seconde Guerre mondiale, le cinéma était un des moyens de rassurer et encourager la population à s'engager ou à soutenir l'effort de guerre. "Their Finest" parle, entre autres, de cela. C'est dans ce contexte qu'est placé une histoire d'amour plutôt efficace.
    Catrin Cole (Gemma Aterton, excellente), engagée en tant que scénariste à 2 livres la semaine au lieu de 3,10 pour les hommes (!),  doit rédiger les résidus, c'est-à-dire les dialogues féminins. C'est dire comment on considérait les femmes, en fait, très peu de choses ont changé en 75 ans. La femme est rarement payée comme un homme et elle est souvent engagée pour des tâches subalternes. Catrin va faire petit à petit son tour et va collaborer à un scénario narrant un fait héroïque réalisé par deux soeurs. Ce que montre "Their Finest", ce sont les étapes de construction d'un film de propagande en pleine guerre. Le  gouvernement, à travers ses subordonnés, est évidemment partie prenante et son rôle est primordial. La vérité d'un jour n'étant pas celle du lendemain, les changements, pour une raison ou une autre, sont monnaie courante. Tout le monde doit faire avec.
    Le film montre également tout le travail de préparation, le casting (moments savoureux entre un acteur vieillissant et son agent), les contraintes (la vie amoureuse en prend un coup),... "Their Finest" oscille entre drame, comédie et comédie romantique. Tout cela est subtilement équilibré, sans à-coups, sans virages brutaux. C'est l'une des grandes forces du cinéma anglais, savoir doser entre grave et léger, entre rires et larmes.
    Un des points forts, ce sont les interprètes et à fortiori l'interprétation. Outre Gemma Aterton dont j'ai déjà dit plus haut le plus grand bien, tous les interprètes sont impeccables, ils sont les personnages tout simplement. Comme ils sont à fond dedans, on l'est aussi.
    Trois ans après "Riot Club" (la critique), la réalisatrice danoise Lone Scherfig continue avec un certain bonheur son exploration de la société britannique.

     

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