• Critique: Ne tirez pas (FIFF 2018)

    Ne tirez pas (titre original: Niet Schieten) de Stijn Coninx avec Jan Decleir, Viviane De Muynck, Mo Bakker, Kes Bakker, Jonas Van Geel, Inge Paulussen
    Drame, Belgique, 139', sortie le 10/10/2018, distribué par KFD, Sélection FIFF 2018

    Affiche Niet Schieten (FIFF 2018)

    L'histoire: Le 9 novembre 1985, une bande de malfaiteurs fait une attaque sanglante au supermarché Delhaize à Alost. Ils tuent 8 innocents, parmi eux, Gilbert, Thérèse et Rebecca Van de Steen. Le petit David Van de Steen, âgé de 9 ans, est gravement blessé et reste orphelin. Ses parents et sa soeur sont les dernières victimes des « Tueurs du Brabant ». David est alors recueilli par ses grands-parents qui s'efforceront de lui donner un avenir. Pendant plus de 25 ans, son grand-père continuera à lutter pour trouver les assassins. A ce jour, ces assassins qui ont tué 28 personnes entre 1982 et 1985, restent inconnus. C'est le plus gros scandale juridique dans l'histoire de la Belgique.

    La critique: Les Tueurs du Brabant pour les francophones ou Bende van Nijvel pour les flamands, ont tué nombre de personnes et en ont blessé bien d'autres, cela a duré trois ans, pour un butin dérisoire. On n'a jamais retrouvé les auteurs de ces forfaits. Depuis cette époque, les supputations vont bon train. Est-ce une bande criminels, la gendarmerie, un complot pour déstabiliser la Belgique ou encore l'oeuvre de services étrangers ? On n'en sait toujours rien malgré un rebondissement l'année dernière.
    Stijn Coninx ("Daens", "Soeur Sourire") s'est emparé de cette histoire. Il a construit son film à partir du point de vue des victimes en prenant l'exemple d'un père et d'un grand-père vivant en face du Delhaize d'Alost (lieu d'une des tueries). Cet homme (Albert), garagiste de son état et venant juste de fêter sa retraite, a perdu sa fille, son beau-fils et sa petite fille; son petit-fils (David) a survécu mais a dû subir 31 opérations parce qu'il a reçu une balle lui fracassant la cuisse. Il a promis à ce petit fils qu'il trouverait les coupables, malheureusement, il est mort (en 2011) sans avoir découvert la vérité, toutefois, il l'a peut-être approché.
    C'est donc à travers Albert que Stin Coninx nous montre un combat pour la vérité. Albert sera aidé par un gendarme, vite muté, par une journaliste, devenant par après politicienne ou encore par des coups de fil anonymes l'envoyant vers des pistes farfelues ou non, on ne le saura pas vraiment puisque les semblants d'enquêtes sont vite bâclées.
    Jan Decleir, acteur très connu en Flandre, plus d'une centaine de films et séries, est Albert et il est magnifique de vérité. On a une énorme sympathie pour cet homme éprouvé par les épreuves mais qui continue malgré tous les obstacles pour tenir une promesse. David est joué par trois acteurs (Mo et Kes Bakker, Jonas Van Geel) puisqu'on le voit à 9 ans lors de la tuerie d'Alost, à 12 ans puis à 21 ans. Il y a aussi une grand-mère (Viviane De Muynck) ne voulant rien savoir, elle mourra en 2010, fatiguée de tout un pan de vie passé à pleurer.
    Une nouvelle fois, le cinéma flamand parle de sujets qui fâchent, de sujets faisant polémique en Belgique. C'est tant mieux parce qu'on a besoin de savoir même imparfaitement. J'ose espérer qu'à un moment, les francophones feront la même chose.
    Pour en revenir au film, il est bouleversant (j'ai eu plusieurs fois la larme à l'oeil), édifiant et démontrant l'incapacité de la Justice belge à faire éclater la vérité.

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