• Critique: La Douleur

    La Douleur, long métrage, réalisation: Emmanuel Finkiel, scénario: Emmanuel Finkiel, distribution: Mélanie Thierry, Benoit Magimel, Benjamin Biolay, Grégoire Leprince-Ringuet, Shulamit Adar
    Drame, France, 127', sortie le 31/01/2018, distribué par O'Brother

    Affiche La Douleur

    L'histoire: Juin 1944, la France est toujours sous l’Occupation allemande. L’écrivain Robert Antelme, figure majeure de la Résistance, est arrêté et déporté. Sa jeune épouse Marguerite, écrivain et résistante, est tiraillée par l'angoisse de ne pas avoir de ses nouvelles et sa liaison secrète avec son camarade Dyonis. Elle rencontre un agent français de la Gestapo, Rabier, et, prête à tout pour retrouver son mari, se met à l’épreuve d’une relation ambiguë avec cet homme trouble, seul à pouvoir l’aider. La fin de la guerre et le retour des camps annoncent à Marguerite le début d’une insoutenable attente, une agonie lente et silencieuse au milieu du chaos de la Libération de Paris.

    La critique de Michel Decoux-Derycke: Mettre en images un roman de Marguerite Duras, c'est compliqué. Emmanuel Finkiel y arrive en adaptant le roman "La Douleur", paru en 1985. Il faut le dire, il faut vraiment entrer dans le film pour en tirer une satisfaction.
    La mise en scène est très littéraire. Le personnage principal raconte son histoire en voix off, elle dit ce qu'elle vit, ce qu'elle ressent. C'est une rencontre entre l'écrit et le grand écran.
    Marguerite Duras est incarnée par Mélanie Thierry, elle le fait avec justesse. Nous parlons ici de la Marguerite Duras jeune, pas celle que vous connaissez tous pour l'avoir vue à la télévision, âgée et avec son col roulé. Le collabo, c'est Benoit Magimel qui en joue le rôle, il a le ton juste, entre force et fragilité, on sent ce type assis entre deux chaises. Il faut dire qu'il était ravi de rencontrer une littéraire et la femme d'un écrivain. Surgit aussi dans le film Morland alias François Mitterrand, évadé d'Allemagne, résistant après avoir fait un petit tour par Vichy. C'est le Mitterrand en devenir, futur ministre de la IVème République, futur candidat à la Présidence de la République.
    C'est également une période de l'Histoire de France peu montrée au cinéma, une période trouble où ceux qui applaudissaient Pétain un jour, applaudissaient De Gaulle le lendemain.


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