• Critique: La Belle et la Meute (FIFF 2017)

    La Belle et la Meute (titre original: Aala Kaf Ifrit) de Kaouther Ben Hania avec Mariam Al Ferjani, Ghanem Zrelli, Noomane Hamda, Anissa Daoud

    Affiche La Belle et la meute

    L'histoire: Lors d'une fête étudiante, Mariam, jeune Tunisienne, croise le regard de Youssef. Quelques heures plus tard, Mariam erre dans la rue en état de choc. Commence pour elle une longue nuit durant laquelle elle va devoir lutter pour le respect de ses droits et de sa dignité. Mais comment peut-on obtenir justice quand celle-ci se trouve du côté des bourreaux ?

    La critique de Michel Decoux-Derycke: Adapté d'un faits divers réel ayant fait l'objet d'un livre écrit par la victime elle-même, "La Belle et la Meute" raconte la nuit cauchemardesque d'une jeune tunisienne, elle a été violée. Elle va se trouver ballottée entre les institutions: l'hôpital, la police et diverses personnes, certaines l'incitant à aller jusqu'au bout de la procédure, d'autres lui faire abandonner cette fameuse procédure. 
    Le long métrage dénonce la condition faite aux femmes que ce soit en Tunisie ou ailleurs, le propos est universel. Questions sous-jacentes que des protagonistes posent: la victime d'un viol n'est-elle pas un peu consentante, n'a-t-elle pas incité ses agresseurs à la violer, n'est-elle tout simplement pas la coupable par son attitude ou/et son habillement (vous comprendrez en voyant le film) ? Cela montre que le pouvoir des hommes reste très fort malgré les luttes, que sans cesse il faut dénoncer cet état de fait: la victime d'un viol, qu'elle soit femme ou homme, est la victime, ce n'est vraiment pas elle la coupable. 
    Ce que j'ai notamment apprécié, c'est le découpage en plans-séquences, neuf au total. Ils permettent de suivre la jeune femme dans ses pérégrinations, ses questionnements, ses interactions avec les autres personnages, tout cela filmé avec virtuosité. On sent derrière cela la patte de la réalisatrice dont les deux premiers longs sont des documentaires: "Le Challat de Tunis" (Bayard d'or de la première oeuvre en 2014) et "Zaineb n'aime pas la neige"
    (Tanit d'or aux Journées cinématographiques de Carthage).
    Autre chose que j'ai aimé, c'est l'interprétation très juste de Mariam Al Ferjani, c'est son tout premier long métrage, elle avait juste joué dans un court métrage auparavant. Les autres interprètes sont aussi très biens, ils apportent tous leur pierre au bel édifice qu'est "La Belle et la Meute".
    En conclusion, un film brut de décoffrage montrant une réalité que d'aucuns voudraient voir mise sous le boisseau.


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