• Critique: Jackie

    Jackie de Pablo Larrain avec Natalie Portman, Peter Sarsgaard, Billy Crudup, John Hurt, Greta Gerwig, John Carroll Lynch, Richard E. Grant, Beth Grant, Max Casella

    Affiche Jackie

    L'histoire: Le point de vue de Jackie Kennedy lors de l'assassinat, le 22 novembre 1963, de John Fitzgerald Kennedy et les quatre jours qui suivirent.

    La critique de Michel Decoux-Derycke: Un peu plus de 53 ans après sa mort, John Fitzgerald Kennedy laisse une trace durable dans les mémoires, d'une part par sa mort brutale, un jour de novembre à Dallas, d'autre part parce que c'était un homme politique, avec des qualités indéniables mais aussi des défauts, qui incarnait l'espoir, non seulement pour des millions d'Américains, également pour des millions de personnes à travers le monde. Il avait à ses côtés sa femme Jackie, née Jacqueline Lee Bouvier, ayant donné une aura particulière au rôle de Première dame des Etats-Unis. Par sa beauté, sa simplicité et son élégance. Pas mal de films lui ont été consacrés mais jamais un seul à ces cinq jours qui ont changé sa vie à tout jamais et l'ont faite entrer dans l'Histoire. C'est Pablo Larrain ("No", "El Club", "Neruda") qui s'y est attelé et cela a été fait de superbe manière. Le réalisateur chilien arrive à faire transparaître, à travers l'écran, l'émotion et le désarroi de cette jeune veuve. Rarement, un film ne m'avait autant ému. A plusieurs moments, les larmes me sont venues aux yeux tellement c'était prenant.
    Dans le rôle de Jackie, il y a Natalie Portman, découverte à 12 ans dans "Léon" de Luc Besson. Que dire d'une actrice avec un grand A ? Elle est époustouflante, elle est Jackie, que ce soit dans son allure, dans sa manière d'être et dans son phrasé. Derrière cette performance qui pourrait bientôt lui faire gagner l'Oscar de la meilleure actrice, il y a du talent bien entendu mais aussi du travail, tellement bien exécuté qu'on n'en voit pas les coutures. J'ai aussi apprécié l'interprétation de Billy Crudup, jouant le journaliste Theodore H.White venant recueillir, la semaine après l'assassinat, la version de Jackie pour le magazine Life, où elle compare JFK et son administration au Roi Arthur et au mythique Camelot. J'ai également été sensible à la prestation de John Hurt qui joue un prêtre et ses paroles résonnent de curieuse manière quand l'on sait qu'il est mort d'un cancer le 25 janvier dernier.
    Mais il n'y a pas que cela dans "Jackie", il y aussi une réalisation, à la fois, très bonne et imaginative, je dirais comme toujours chez Pablo Larrain. On sent chez ce réalisateur une maîtrise et sa faculté de passer d'un sujet à l'autre sans que son travail n'en soit modifié à la baisse. Il ne faut pas oublier que c'est son premier film tourné en anglais et aux Etats-Unis. Bien d'autres se seraient déballonnés ou cassé les dents sur cette contrainte.
    Bref, "Jackie" fait partie des films qui vont marquer durablement cette année 2017.

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