• Critique: Désobéissance

    Désobéissance (titre original: Disobedience) de Sebastian Lelio avec Rachel Weisz, Rachel McAdams, Alessandro Nivola, Lasco Atkins, Cara Horgan
    Drame, Royaume-Uni, 114', sortie le 13/06/2018, distribué par Cinemien

    Affiche Désobéissance

    L'histoire: Une jeune femme juive-orthodoxe retourne chez elle après la mort de son père. Mais sa réapparition provoque quelques tensions au sein de la communauté lorsqu'elle avoue à sa meilleure amie les sentiments qu'elle éprouve à son égard. La passion s'embrase quand elles cherchent les limites de leur foi et de leur sexualité.

    La critique de Michel Decoux-Derycke: Le réalisateur chilien Sebastian Lelio a remporté, en mars dernier, l'Oscar du meilleur film en langue étrangère pour le très réussi "Une femme fantastique". Il adapte ici, avec "Désobéissance", le roman de Naomi Alderman, paru en 2008. Avec son casting solide, composé de Rachel Weisz et Rachel McAdams, le premier film hors Chili de Sebastian Lelia partait avec de sérieux atouts.
    Prenant pour cadre la communauté juive-orthodoxe de Londres, le film raconte le destin de Ronit, une photographe expatriée à New-York revenant dans la capitale anglaise pour les funérailles de son père, rabbin de son état. Dès les premières scènes, on s'aperçoit que le style de vie et l’apparence de Ronit tranchent avec l’austérité et la discrétion de ces gens qu’elle a soudainement quittés il y a de nombreuses années. Avec son étiquette de "paria", son arrivée inattendue provoque une gêne au milieu des fidèles faisant le deuil du leader religieux récemment décédé et très apprécié par sa communauté. Retrouvant ses amis de jeunesse, Dovid (devenu discipline du rabbin) et Esti (devenue l’épouse de Dovid après son départ), elle retrouve la rigidité de ce milieu qui restreint les libertés individuelles au nom du dogme. Au fur et à mesure du récit, l'on subodore qu'un lien sentimental a uni Ronit et Esti, c'est cela qui va sous-tendre le reste du film en posant la question: choisir entre la liberté et la croyance.
    Sebastian Lelio peut compter sur une bonne distribution, une Rachel Weisz toujours capable de captiver  et un Alessandro Nivola révélant une profondeur insoupçonnée à son personnage d’apparence rigide et distant. Mais c’est Rachel McAdams qui marque les esprits, à travers une performance sensible, incarnant cette femme veillant à satisfaire tout le monde sauf elle-même.
    Authentique, intense et forcément intime, avec quelques longueurs (surtout dans sa seconde moitié) mais à l'épilogue étonnamment ouvert, criant de vérité, "Désobéissance" est une tragédie sentimentale bouleversante.

    « Gala Québec Cinéma 2018: triomphe pour Les AffamésCritique: Hotel Salvation »

    Tags Tags : , , , , , , ,