• Critique: Continuer

    Continuer de Joachim Lafosse avec Virginie Efira, Kacey Mottet Klein, Diego Martin, Mairambek Kozhoev, Damira Ripert,  Belek Mamatkoulov, Mukhit Raikulov, Assel Kuanbayeva
    Drame, Belgique, 84', sortie le 30/01/2019, distribué par O'Brother, Sélection Venice Days Mostra Venise 2018

    Affiche Continuer

    L'histoire: Sibylle, mère divorcée, ne supporte plus de voir son fils adolescent sombrer dans une vie violente et vide de sens. Elle va jouer leur va-tout en entraînant Samuel dans un long périple à travers le Kirghizistan. Avec deux chevaux pour seuls compagnons, mère et fils devront affronter un environnement naturel aussi splendide qu’hostile, ses dangers, son peuple… et surtout eux-mêmes !

    La critique: Joachim Lafosse plante le décor de son dernier film dans les grands espaces et nous offre un véritable huis clos à ciel ouvert. Un horse movie magnifié à chaque moment par la grâce de ces deux cavaliers exilés filmés en plan large. Terre aride et desséchée par le soleil, cet immense espace prend alors des airs de Grand Ouest américain et l’on se laisse volontiers happer par la sobriété de la réalisation à la faveur de ces magnifiques paysages. C’est beau et le dépouillement est total puisque seuls quelques dialogues viennent briser le silence. Joachim Lafosse fait de ces éléments un personnage à part entière du film.
    En plus des paysages, il y a deux acteurs principaux: Virginie Efira, la mère,  et Kacey Mottet Klein, le fils, tous deux  livrent des prestations impeccables, ils maintiennent sur leurs épaules toute l’intensité du film. En quelques films ("Elle", "Victoria", "Le Grand Bain", "Un amour impossible"), Virginie Efira a amorcé un virage, elle est passée de la blonde rigolote à un cinéma plus sérieux qui lui sied bien. Elle démontre tout son talent, il lui a fallu simplement un peu plus de temps qu'une autre ou un autre, sans doute le temps qu'un réalisateur ou une réalisatrice pense à elle dans un autre genre de personnage. Kacey Mottet Klein, je l'avais vu dans "L'Enfant d'en haut" et dans "Gemma Bovery" sans qu'il marque mon esprit. C'est dans "Keeper" que je l'ai véritablement découvert puis dans "Quand on a 17 ans", il y démontrait une belle maturité et avec "Continuer", il étoffe un peu plus son jeu.
    En neuf ans comme critique cinéma, c'est le quatrième film de Joachim Lafosse que je vois. A chaque fois, je remarque une progression. Le réalisateur continue toujours son exploration des relations familiales mais je le sens plus apaisé. Son cinéma n'en reste pas moins radical, toujours ancré dans le réel. Sans oublier que c'est un des réalisateurs belges les plus prolifiques (huit films en quatorze ans), beaucoup l'oublient.
    Pour moi, c'est le meilleur Joachim Lafosse, je vous conseille fortement ce film.


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