• Critique: Chorus (FIFF 2015)

    Chorus de François Delisle avec Sébastien Ricard, Fanny Mallette, Geneviève Bujold, Pierre Curzi, Didier Lucien

    L'histoire: Il y a dix ans, Hugo a disparu. Il avait huit ans. Ses parents, Christophe et Irène, ont vite compris que leur garçon ne reviendrait pas. Un jour, un pédophile déjà incarcéré, avoue l’assassinat du petit Hugo. Le couple qui ne s’est pas revu depuis près d’une dizaine d’années, doit de nouveau se confronter à la perte de leur enfant.

    La critique de Sophie G: La séance fut une apnée de 97 minutes. Une tension dramatique à tordre le ventre et à faire pleurer les cœurs les moins sensibles. Normalement, je suis contre l’exagération du pathos car, trop souvent, cela sert uniquement à manipuler les émotions du spectateur. C’est trop facile. Mais dans "Chorus", la surexposition des sentiments humains s’impose comme un parti-pris artistique. Il fallait oser mettre à nu des propos aussi violents sur la pédophilie. Ce film m’a fait penser dans une certaine mesure à "La Guerre est Déclarée" de Valérie Donzelli. Les deux films portent des thématiques extrêmement sombres mais décalent le propos sur les protagonistes un peu plus extérieurs. Je m’explique, dans les deux cas, nous suivons la vie sentimentale des parents, les réalisateurs n’ont pas centré le propos sur l’évolution de la maladie dans un cas, ou sur les sévices corporels dans l’autre cas. Avec un peu plus «d’espoir» nous voyons comment la vie continue ou tente de continuer lorsqu’un drame vient pulvériser le cours d’une vie.
    François Delisle ne porte pas que la casquette de réalisateur, il endosse également le rôle de caméraman. Rien n’est laissé au hasard, son perfectionnisme transpire dans chacun de ses plans. Ce film est teinté d’accent québécois, de voyage et de poésie. Comme François Delisle le confiait en interview, il a filmé La Vie. Nous voyons qu’il l’a fait dans toutes ses nuances et sa douleur. "Chorus" a fait trembler mon âme, tant par la dureté de son propos que par la beauté de ses images. Pas de reproches de ma part, car ce qui déplaira à certains seront des choix artistiques et non des erreurs de réalisation.

    Affiche Chorus (FIFF 2015)

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