• Critique: Call Me By Your Name

    Call Me By Your Name, long métrage, réalisation: Luca Guadagnino, scénario: Luca Guadagnino et James Ivory, distribution: Armie Hammer, Timothée Chalamet, Michael Stuhlbarg, Amira Casar, Esther Garrel, Victoire du Bois, Elena Bucci, Vanda Capriolo, Antonio Rimoldi, Marco Sgrosso
    Drame - Romance, Italie, 132', sortie le 14/02/2018, distribué par Sony, 4 nominations Oscars 2018 - 3 nominations Golden Globes - 3 nominations BAFTA 2018 - Hors compétition Festival de Sundance 2017 - Sélection Festival de Gand 2017

    Affiche Call Me By Your Name

    L'histoire: Dans les années 1980 au nord de l'Italie, un jeune garçon de dix-sept ans, Elio, rencontre un jeune universitaire de vingt-quatre ans, Oliver, venu vivre dans la villa de ses parents durant l'été 1983. Ils tombent amoureux l'un de l'autre.

    La critique de Michel Decoux-Derycke: "Call Me By Your Name" est l'adaptation du roman éponyme de André Aciman, sorti en 2007. Le scénario est coécrit par James Ivory (réalisateur de "Maurice", "Retour à Howards En" ou encore "Les Vestiges du jour") et se concentre sur l'essentiel du livre: l'histoire d'une passion amoureuse, lors d'un été des années 80, entre un jeune homme de 17 ans, Elio (Tinothée Chalamet) et un adulte de 24 ans, Oliver (Armie Hammer). C'est dans ce film un élément impolitiquement correct: la relation entre un mineur et d'un aîné, cet apprentissage élève-maître. Surprenant par les temps qui courent.
    Le réalisateur emprunte le point de vue d'Elio, son récit aborde également les contradictions d'un âge charnière de la vie d'un garçon. Un pied déjà dans le monde des adultes mais sans avoir tout à fait quitté celui des adolescents. L'une des scènes emblématiques à cet égard est celle où, le coeur en peine, dans une gare, Elio redevient soudainement un gamin et n'a d'autre réflexe que de téléphoner à sa mère pour lui demander de venir le chercher.
    Dans le rôle principal, celui d'Elio, Timothée Chalamet offre une sacrée performance. Le jeune acteur fait preuve d’une sensibilité et d’une intelligence émotionnelle bouleversantes pour un comédien de son âge. Mêlant confiance et insécurité, fougue et maladresse, s’exprimant autant par ses mots que par ses yeux, il porte remarquablement le film sur ses épaules. Le plan final, sur son visage attristé, alors que le générique défile, s’inscrit déjà parmi les meilleures fins de film vues depuis longtemps. Son partenaire de jeu, Armie Hammer, avec qui il développe une belle complicité, tient là un de ses plus beaux rôles de sa carrière. Et dans le rôle du père, Michael Stuhlbarg a lui aussi droit à son moment de grâce lors d’un monologue bouleversant destiné à réconforter son jeune fils.
    Il y a aussi le fait que le film aborde l'homosexualité subtilement, sans nous infliger un pensum, sans être militant. On peut déjà classer "Call Me Be Your Name" parmi les films de l'année. Fort des excellentes critiques reçues, Luca Guadagnino envisagerait une suite évoquant l'épidémie de sida au cours des années 1980.
     


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