• Critique: Bye Bye Germany

    Bye Bye Germany (titre original: Es war einmal in Deutschland), long métrage, réalisation: Sam Garbarski, scénario: Sam Garbarski et Michel Bergman, distribution: Moritz Bleibtreu, Antje Traue, Tim Seyfi, Mark Ivanir, Anatole Taubman, Tania Garbarski, Jeanne Werner
    Comédie dramatique, Allemagne, 102', sortie le 21/02/2018, distribué par O'Brother

    Affiche Bye Bye Germany

     

    L'histoire: 1946 Francfot, Camp des personnes déplacées: David Behrmann et ses six amis n’ont qu’un but, l’Amérique! Mais pour émigrer, il faut de l’argent, beaucoup d’argent. En inventant des numéros incroyables, ils font du porte à porte et vendent des paquets de linge de maison aux Allemands. Et ils ont du succès. Alors que le business fleurit, David est rattrapé par un passé sombre. Pourquoi avait-il un second passeport ? Que faisait il dans la résidence privée de Hitler au Salzberg ? David Behrmann est interrogé par une énigmatique chasseuse de Nazi américaine, le Major Marlene Frederick…

    La critique de Michel Decoux-Derycke: A la fin de la seconde Guerre Mondiale, nombreux sont ceux qui veulent partir d’Allemagne. Les nazis fuient pour échapper à la justice internationale. Les Juifs rescapés des camps veulent quitter le pays maudit où toutes leurs familles ont été exterminées. Beaucoup veulent rejoindre les Etats-Unis pour entamer une nouvelle vie. Mais partir n’est pas simple. Il faut payer le voyage, le droit d’entrée et avoir un petit pécule pour pouvoir s’installer. Cela coûte environ 25000 dollars par personne. Une fortune pour des hommes et femmes dépossédés de tous leurs biens par le régime nazi.

    Cela n’effraie pas David Bermann (Moritz Bleibtreu). Il a une idée offrant de belles perspectives: la vente au porte à porte de linge de maison. Draps, serviettes de bain, rideaux, voilà de quoi séduire la ménagère allemande de l’immédiat après-guerre. Les maisons sont pleines de femmes déboussolées, éplorées, inconsolables. Il suffit juste d’un discours bien rôdé et adapté.
    David est aussi un personnage ambigu. L'armée américaine, chargé de la traque des nazis, enquête sur son passé durant la guerre. L’enquêtrice Sara Simon (Antje Traue) cherche à savoir pourquoi il possède deux passeports avec des identités différentes et pourquoi il a bénéficié de traitements de faveur quand il était en camp de concentration. Est-il un ancien nazi ayant endossé l’identité d’une victime ou un lâche ayant accepté de collaborer pour sauver sa peau? Ou bien a-t-il eu juste beaucoup de chance ? Face à l’enquêtrice, David raconte son histoire avec son bagout habituel. Ment-il ou dit-il la vérité ?
    Le film est une belle réflexion sur le mensonge et la vérité, aussi sur les apparences. Sam Gabarski réussit un long métrage de facture classique mais avec beaucoup d’humanité, d’humour et de sensibilité.

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