• Critique: Bitter Flowers

    Bitter Flowers, long métrage, réalisation: Olivier Meys, scénario: Olivier Meys, Maarten Loix et Zhou Amei , distribution:    Xi Qi, Xi Wang, Le Geng, Meihuizi Zeng, Sâm Mirhosseini
    Drame, Belgique, 95', sortie le 28/03/2018, distribué par Cinéart

    Affiche Bitter Flowers

    L'histoire: : Lina, une jeune femme ambitieuse, laisse son mari et son fils en Chine pour partir à Paris afin de leur assurer un avenir meilleur. Mais une fois en Europe rien ne se passe comme prévu et elle s’enferme dans un monde de mensonges pour ne pas abandonner son rêve.

    La critique de Michel Decoux-Derycke: Le réalisateur belge Olivier Meys, dont c'est le premier long métrage, s’intéresse à au problème de la prostitution chinoise à Paris, les fameuses marcheuses. Ces femmes venues du nord de la Chine avec beaucoup d’espoir et devant se résigner à arpenter le bitume de la capitale française.
    Le film nous embarque dans la dure réalité des clandestines chinoises de Dong Bei. Le plus souvent lourdement endettées auprès de passeurs leur ayant fait miroiter un avenir meilleur, elles se fracassent contre la réalité en constatant le statut précaire qui leur est réservé. Elles ne peuvent pas non plus compter sur la solidarité chinoise; la communauté Wenzhou (du sud de la Chine) installée depuis bien longtemps à Paris veut garder ses rares privilèges.
    Olivier Meys livre un portrait intimiste de Lina devant composer avec sa nouvelle situation. Grâce à sa compagne d’infortune Yumei, elle apprend à contrer les dangers de la rue: les policiers, les conflits de territoire, … Malgré son sort, elle en prend petit à petit son parti. Car Lina est prête à se sacrifier pour améliorer le confort de vie de sa famille qui ignore tout de sa situation. Dans la première partie, on suit avec intérêt l’évolution du personnage principal, d’abord peu encline à l’idée de partager le même sort que ses compatriotes pour finalement suivre le même destin que celles-ci. Le long métrage offre de belles scènes de camaraderie et de complicité dans un dortoir parisien. La seconde partie, c'est le retour de Lina en Chine. Les choses ne se passent pas tout à fait comme prévu avec sa famille. L’exilée de retour au pays comprend le prix moral de son voyage. Certaines choses ne s’achètent pas. Malgré une situation partant à la dérive, la fin apporte une touche d’espoir au désenchantement de Lina même si on ne peut pas véritablement parler de lendemains qui chantent pour celle-ci.


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